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	<title>On refait la déco &#8211; Classiclass-blog</title>
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	<title>On refait la déco &#8211; Classiclass-blog</title>
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		<title>
  Une Vie &#8211; Guy de Maupassant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Mar 2023 11:36:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[On refait la déco]]></category>
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					<description><![CDATA[Jeanne et le baron soupèrent en tête-à-tête. Ils souriaient en se regardant, se prenaient les mains à travers la table ; et, saisis tous deux d’une joie enfantine, ils se mirent à visiter le manoir réparé.
C’était une de ces hautes et vastes demeures normandes tenant de la ferme et du château]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p><em><strong>Une vie est le premier roman de Guy de Maupassant (1850 – 1893) : on suit la vie de Jeanne juste après sa sortie du couvent.</strong></em></p>



<p><em><strong>Dans cet extrait, Jeanne et son père le baron visite la demeure familiale après sa restauration.</strong></em></p>



<p>Jeanne et le baron soupèrent en tête-à-tête. Ils souriaient en se regardant, se prenaient les mains à travers la table ; et, saisis tous deux d’une joie enfantine, ils se mirent à visiter le manoir réparé.<br>C’était une de ces hautes et vastes demeures normandes tenant de la ferme et du château, bâties en pierres blanches devenues grises, et spacieuses à loger une race.<br>Un immense vestibule séparait en deux la maison et la traversait de part en part, ouvrant ses grandes portes sur les deux faces. Un double escalier semblait enjamber cette entrée, laissant vide le centre, et joignant au premier ses deux montées à la façon d’un pont.<br>Au rez-de-chaussée, à droite, on entrait dans le salon démesuré, tendu de tapisseries à feuillages où se promenaient des oiseaux. Tout le meuble, en tapisserie au petit point, n’était que l’illustration des Fables de La Fontaine ; et Jeanne eut un tressaillement de plaisir en retrouvant une chaise qu’elle avait aimée, étant tout enfant, et qui représentait l’histoire du Renard et de la Cigogne.</p>



<p>À côté du salon s’ouvraient la bibliothèque, pleine de livres anciens, et deux autres pièces inutilisées ; à gauche, la salle à manger en boiseries neuves, la lingerie, l’office, la cuisine et un petit appartement contenant une baignoire.<br>Un corridor coupait en long tout le premier étage. Les dix portes des dix chambres s’alignaient sur cette allée. Tout au fond, à droite, était l’appartement de Jeanne. Ils y entrèrent. Le baron venait de le faire remettre à neuf, ayant employé simplement des tentures et des meubles restés sans usage dans les greniers.<br>Des tapisseries d’origine flamande, et très vieilles, peuplaient ce lieu de personnages singuliers.<br>Mais, en apercevant son lit, la jeune fille poussa des cris de joie. Aux quatre coins, quatre grands oiseaux de chêne, tout noirs et luisants de cire, portaient la couche et paraissaient en être les gardiens. Les côtés représentaient deux larges guirlandes de fleurs et de fruits sculptés; et quatre colonnes finement cannelées, que terminaient des chapiteaux corinthiens, soulevaient une corniche de roses et d’amours enroulés.<br>Il se dressait, monumental, et tout gracieux cependant, malgré la sévérité du bois bruni par le temps.<br>Le couvre-pied et la tenture du ciel de lit scintillaient comme deux firmaments. Ils étaient faits d’une soie antique d’un bleu foncé qu’étoilaient, par places, de grandes fleurs de lis brodées d’or.<br>Quand elle l’eut bien admiré, Jeanne, élevant sa lumière, examina les tapisseries pour en comprendre le sujet.</p>



<p>Un jeune seigneur et une jeune dame habillés en vert, en rouge et en jaune, de la façon la plus étrange, causaient sous un arbre bleu où mûrissaient des fruits blancs. Un gros lapin de même couleur broutait un peu d’herbe grise.<br>Juste au-dessus des personnages, dans un lointain de convention, on apercevait cinq petites maisons rondes, aux toits aigus ; et là-haut, presque dans le ciel, un moulin à vent tout rouge.<br>De grands ramages, figurant des fleurs, circulaient dans tout cela.<br>Les deux autres panneaux ressemblaient beaucoup au premier, sauf qu’on voyait sort ir des maisons quatre petits bonshommes vêtus à la façon des Flamands et qui levaient les bras au ciel en signe d’étonnement et de colère extrêmes.<br>Mais la dernière tenture représentait un drame. Près du lapin qui broutait toujours, le jeune homme étendu semblait mort. La jeune dame, le regardant, se perçait le sein d’une épée, et les fruits de l’arbre étaient devenus noirs. Jeanne renonçait à comprendre quand elle découvrit dans un coin une bestiole microscopique, que le lapin, s’il eût vécu, aurait pu manger comme un brin d’herbe. Et cependant c’était un lion.<br>Alors elle reconnut les malheurs de Pyrame et de Thysbé* ; et, quoiqu’elle sourît de la simplicité des dessins, elle se sentit heureuse d’être enfermée dans cette aventure d’amour qui parlerait sans cesse à sa pensée des espoirs chéris, et ferait planer chaque nuit, sur son sommeil, cette tendresse antique et légendaire.</p>



<p>Tout le reste du mobilier unissait les styles les plus divers. C’étaient ces meubles que chaque génération laisse dans la famille et qui font des anciennes maisons des sortes de musées où tout se mêle. Une commode Louis XIV superbe, cuirassée de cuivres éclatants, était flanquée de deux fauteuils Louis XV encore vêtus de leur soie à bouquets. Un secrétaire en bois de rose faisait face à la cheminée qui présentait, sous un globe rond, une pendule de l’Empire.<br>C’était une ruche de bronze, suspendue par quatre colonnes de marbre au-dessus d’un jardin de fleurs dorées. Un mince balancier sortant de la ruche, par une fente allongée, promenait éternellement sur ce parterre une petite abeille aux ailes d’émail.<br>Le cadran était en faïence peinte et encadré dans le flanc de la ruche.<br>Elle se mit à sonner onze heures. Le baron embrassa sa fille, et se retira chez lui.<br>Alors, Jeanne, avec regret, se coucha.<br>D’un dernier regard elle parcourut sa chambre, et puis éteignit sa bougie. Mais le lit, dont la tête seule s’appuyait à la muraille, avait une fenêtre sur sa gauche, par où entrait un flot de lune qui répandait à terre une flaque de clarté.<br>Des reflets rejaillissaient aux murs, des reflets pâles caressant faiblement les amours immobiles de Pyrame et de Thysbé.<br>Par l’autre fenêtre, en face de ses pieds, Jeanne apercevait un grand arbre tout baigné de lumière douce. Elle se tourna sur le côté, ferma les yeux, puis, au bout de quelque temps, les rouvrit.</p>



<p>*Pyrame et Thysbé&nbsp;: deux amants, dont les parents s’opposent au mariage. Mythe antique.</p>
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		<title>
  Robinson Crusoé &#8211; Daniel Defoe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Mar 2023 11:29:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[On refait la déco]]></category>
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					<description><![CDATA[J’entrepris alors de me fabriquer les meubles indispensables dont j’avais le plus besoin, spécialement une chaise et une table. Sans cela je ne pouvais jouir du peu de bien-être que j’avais en ce monde ; sans une table, je n’aurais pu écrire ou manger, ni faire quantité de choses avec tant de plaisir.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p><strong><em>L&rsquo;histoire célèbre d&rsquo;un naufragé sur une île&#8230;</em></strong></p>



<p><em><strong>Dans ce passage, le héros du roman va devoir  fabriquer sa « maison » avec un peu de matériel récupéré dans l&rsquo;épave de son bateau</strong></em>.<br></p>



<p></p>



<p>J’entrepris alors de me fabriquer les meubles indispensables dont j’avais le plus besoin, spécialement une chaise et une table. Sans cela je ne pouvais jouir du peu de bien-être que j’avais en ce monde ; sans une table, je n’aurais pu écrire ou manger, ni faire quantité de choses avec tant de plaisir.<br>Je me mis donc à l’œuvre ; et ici je constaterai nécessairement cette observation, que la raison étant l’essence et l’origine des mathématiques, tout homme qui base chaque chose sur la raison, et juge des choses le plus raisonnablement possible, peut, avec le temps, passer maître dans n’importe quel art mécanique. Je n’avais, de ma vie, manié un outil ; et pourtant, à la longue, par mon travail, mon application, mon industrie, je reconnus enfin qu’il n’y avait aucune des choses qui me manquaient que je n’eusse pu faire, surtout si j’avais eu des instruments. Quoi qu’il en soit, sans outils, je fabriquai quantité d’ouvrages ; et seulement avec une hache et une herminette, je vins à bout de quelques-uns qui, sans doute, jusque-là, n’avaient jamais été faits ainsi ; mais ce ne fut pas sans une peine infinie. Par exemple, si j’avais besoin d’une planche, je n’avais pas d’autre moyen que celui d’abattre un arbre, de le coucher devant moi, de le tailler des deux côtés avec ma cognée jusqu’à le rendre suffisamment mince, et de le dresser ensuite avec mon herminette. Il est vrai que par cette méthode je ne pouvais tirer qu’une planche d’un arbre entier ; mais à cela, non plus qu’à la prodigieuse somme de temps et de travail que j’y dépensais, il n’y avait d’autre remède que la patience. Après tout, mon temps ou mon labeur était de peu de prix, et il importait peu que je l’employasse d’une manière ou d’une autre.<br>Comme je l’ai dit plus haut, je me fis en premier lieu une chaise et une table, et je me servis, pour cela, des bouts de bordages que j’avais tirés du navire. Quand j’eus façonné des planches, je plaçai de grandes tablettes, larges d’un pied et demi, l’une au-dessus de l’autre, tout le long d’un côté de ma grotte, pour poser mes outils, mes clous, ma ferraille, en un mot pour assigner à chaque chose sa place, et pouvoir les trouver aisément. J’enfonçai aussi quelques chevilles dans la paroi du rocher pour y pendre mes mousquets et tout ce qui pouvait se suspendre.<br>Si quelqu’un avait pu visiter ma grotte, à coup sûr elle lui aurait semblé un entrepôt général<br>d’objets de nécessité. J’avais ainsi toutes choses si bien à ma main, que j’éprouvais un vrai plaisir à voir le bel ordre de mes effets, et surtout à me voir à la tête d’une si grande provision.</p>
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		<title>
  La Mort d&#8217;Ivan Illitch &#8211; Léon Tolstoï</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Mar 2023 10:41:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[On refait la déco]]></category>
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					<description><![CDATA[Il trouva un appartement charmant, juste comme ils l’avaient rêvé tous deux, avec des pièces vastes et hautes, dans le style ancien, un cabinet de travail commode et imposant, des chambres pour sa femme et sa fille, une salle d’étude pour son fils. Tout y était distribué comme exprès pour eux.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p><em><strong>Longue nouvelle ou court roman sur la vie et la mort d&rsquo;Ivan Illitch, du russe Léon Tolstoï (1828 – 1910)</strong></em></p>



<p><em><strong>Un fonctionnaire déménage avec sa femme Prascovie, sa fille Lise et son fils dans un nouvel appartement, après une promotion : il a été nommé juge d&rsquo;instruction.</strong></em></p>



<p>Il trouva un appartement charmant, juste comme ils l’avaient rêvé tous deux, avec des pièces vastes et hautes, dans le style ancien, un cabinet de travail commode et imposant, des chambres pour sa femme et sa fille, une salle d’étude pour son fils. Tout y était distribué comme exprès pour eux.</p>



<p>Ivan Ilitch s’occupa lui-même de l’installation&nbsp;; il choisit les papiers, acheta les meubles, surtout des meubles anciens, d’aspect cossu, et peu à peu l’ensemble s’approcha de l’idéal qu’il avait imaginé. Quand il fut à moitié installé, le résultat obtenu dépassa tout ce qu’il avait espéré. Tout de suite il se rendit <a></a>compte de l’aspect distingué, élégant, comme il faut, qu’aurait l’appartement quand tout serait terminé. En s’endormant il songeait à son salon. Quand il regardait le salon de réception encore à moitié installé, il voyait déjà en place la cheminée, l’écran, la petite étagère et les petites chaises disposées ça et là, les faïences appendues aux murs, et les bronzes en place. Il se réjouissait en pensant à la surprise de Prascovie et de Lise, qui, elles aussi, aimaient ces choses. Certains meubles, surtout, qu’il avait eu la chance d’acquérir à bon compte, donnaient à l’appartement un cachet particulier de noblesse. Dans ses lettres, il veillait à rester au-dessous de la réalité, afin que la surprise fût plus grande. Ces soins l’absorbaient toujours tellement que même ses nouvelles fonctions, qu’il aimait pourtant, l’intéressaient moins qu’il ne se l’était figuré. Pendant les audiences, il était souvent distrait et se demandait quel ornement, droit ou cintré, il mettrait à ses rideaux. Il en était si préoccupé que souvent il déplaçait lui-même les meubles ou posait les tentures. Un jour, en montant sur une échelle pour expliquer au tapissier, qui ne comprenait pas, comment il voulait draper les rideaux, il fit un faux pas et tomba&nbsp;; mais comme il était adroit et vigoureux, il se retint et se cogna seulement le côté à l’espagnolette. Il en souffrit pendant quelques jours, puis la douleur disparut. D’ailleurs il se <a></a>sentait, tout ce temps, particulièrement gai et bien portant. Il écrivait aux siens&nbsp;: «&nbsp;Je me sens rajeuni de quinze ans&nbsp;». Il comptait terminer l’installation en septembre mais les choses traînèrent jusqu’à la mi-octobre. En revanche tout était parfait, et ce n’était pas seulement son avis, mais celui de tout le monde.</p>



<p>En réalité, l’appartement était comme ceux de toutes les personnes qui, sans être riches, veulent ressembler aux riches, ce qui fait qu’ils ne se ressemblent qu’entre eux&nbsp;: des tentures, de l’ébène, des fleurs, des tapis, des bronzes, d’une tonalité tantôt sombre tantôt brillante, tout ce que des gens d’une certaine classe emploient pour ressembler à des gens d’une certaine classe. Chez lui, cette ressemblance était si parfaitement atteinte que rien ne méritait une attention particulière quoique tout lui parût original. Lorsqu’il fit entrer sa famille dans l’antichambre illuminée, et pleine de fleurs, et qu’un laquais en cravate blanche les introduisit dans le salon et le cabinet, tout rayonnant de plaisir il savourait leurs éloges. Le soir même, pendant le thé, Prascovie Fédorovna lui demanda, au cours de la conversation, comment il était tombé. Il se mit à rire et mima la scène de la chute et l’effroi du tapissier.</p>



<p>— Je ne suis pas en vain un bon gymnaste. Un autre se serait tué sur le coup. Je me suis simplement heurté, ici… Quand je touche ça me <a></a>fait mal, mais ça passera, ce n’est qu’un bleu.</p>



<p>Et l’on vécut dans le nouvel appartement. Comme toujours, au bout d’un certain temps, on s’aperçut qu’il manquait une pièce, et que les nouveaux appointements étaient insuffisants&nbsp;: cinq cents roubles de plus, et tout eût été parfait.</p>



<p>Au début surtout, tant qu’il resta quelques petits arrangements à faire, tout alla bien&nbsp;: il fallait acheter une chose, déplacer ou ajouter un meuble. Malgré quelques légers dissentiments entre les époux, ils étaient si contents, ils avaient tant à faire, que tout s’arrangeait sans grandes querelles. Lorsque tout fut complètement terminé, ils commencèrent à s’ennuyer un peu&nbsp;; quelque chose leur manquait. Alors les nouvelles relations, les nouvelles habitudes, vinrent remplir leur existence. Ivan Ilitch rentrait dîner après sa matinée passée au tribunal, et les premiers temps, il était toujours d’excellente humeur, quoiqu’il fût souvent contrarié au sujet de l’appartement. Il suffisait d’une tache sur un tapis ou sur les tentures, d’un cordon de rideau cassé, pour l’irriter. Tout cela lui avait coûté tant de peine, que la moindre chose l’agaçait. Mais, en général, sa vie s’annonçait agréable, facile et convenable, précisément comme il le souhaitait.</p>
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		<title>
  La Maison aux sept pignons &#8211; Nathaniel Hawthorne</title>
		<link>https://classiclass-blog.com/la-maison-aux-sept-pignons-nathaniel-hawthorne-deco/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Mar 2023 10:39:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[On refait la déco]]></category>
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					<description><![CDATA[La petite Phœbé possédait au plus haut degré le don des arrangements intérieurs, patrimoine exclusif de certaines personnes. C'est une espèce de magie naturelle qui permet à ces élus d'extraire, de tout ce qui les entoure, l'agrément caché, l'utilité secrète]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p><strong><em>Ce roman de l’auteur américain, Nathaniel Hawthorne (1804 – 1864), est celui d&rsquo;une vieille famille du Nord-Est des États-Unis, c&rsquo;est aussi l&rsquo;histoire d&rsquo;une grande demeure familiale hantée par un lourd passé.</em></strong></p>



<p><strong><em>Ici, </em></strong><em><strong>Phœbé, une jeune femme, rend visite à sa cousine, Hepzibah qui vit seule dans « la maison aux sept pignons » . Phœbé passe sa première nuit dans une des chambres, longtemps inhabitée.</strong></em></p>



<p>Précipitant ses pas sur l&rsquo;escalier criard, dont aucun tapis ne protégeait les marches usées, elle glissa dans le jardin, cueillit quelques-unes des roses les plus intactes et les rapporta dans sa chambre.</p>



<p>La petite Phœbé possédait au plus haut degré le don des arrangements intérieurs, patrimoine exclusif de certaines personnes. C&rsquo;est une espèce de magie naturelle qui permet à ces élus d&rsquo;extraire, de tout ce qui les entoure, l&rsquo;agrément caché, l&rsquo;utilité secrète ; et plus spécialement de donner un aspect de confort à tous les lieux qu&rsquo;ils habitent, si bref qu&rsquo;y puisse être leur séjour. La hutte la plus sauvage, hantée par les voyageurs qui traversent une forêt vierge, prendrait un aspect hospitalier pour avoir abrité pendant une seule nuit quelqu&rsquo;une de ces femmes douées ; et il se conserverait longtemps après la disparition de cet être si calme sous l&rsquo;ombre épaisse des futaies voisines. Il fallait une bonne dose de cette sorcellerie domestique pour transformer, en quelque chose d&rsquo;habitable, cette chambre de Phœbé où personne n&rsquo;avait logé depuis si longtemps, — sauf les araignées, les rats et les fantômes. Comment elle s&rsquo;y prit, nous ne le saurions dire. Aucun dessein préconçu ne se manifestait chez elle ; mais tantôt d&rsquo;un côté, tantôt de l&rsquo;autre, promenant ses mains agiles, ici elle mettait un meuble en pleine lumière, là-bas elle en repoussait un autre dans l&rsquo;ombre, relevait ce rideau, laissait tomber le voisin, et avait fini, au bout d&rsquo;une demi-heure, par communiquer une espèce de sourire hospitalier à ce vieux taudis de mine si sombre, si rechignée, et qui rappelait à tant d&rsquo;égards le cœur inhabité, refroidi, de la maîtresse du lieu.<br>Puis il y eut là comme un exorcisme. L&rsquo;antique chambre à coucher avait dû servir de théâtre à bien des épisodes divers de la vie humaine. De jeunes époux y avaient sans doute échangé leurs soupirs d&rsquo;amour ; nés à l&rsquo;immortalité, maints petits êtres vagissants y avaient aspiré leur premier souffle ; maints vieillards y avaient rendu leur âme à Dieu. Mais, — soit l&rsquo;influence des roses blanches ou de par tout autre charme subtil, — la chambre à coucher, — tout à coup purifiée, tant du mal ancien que des douleurs anciennes, par l&rsquo;haleine parfumée et les pensers sereins de la jeune fille, — revêtit en quelque sorte une virginité nouvelle. Ses rêves radieux, pendant la nuit qui venait de s&rsquo;écouler, avaient dissipé les ombres passées, et à leur place maintenant peuplaient, fantômes riants, la pièce où elle était installée.<br>L&rsquo;ordre établi comme elle le voulait, Phœbé sortit encore de la chambre pour descendre au jardin, où l&rsquo;attirait le souvenir de quelques fleurs perdues çà et là dans le désordre luxuriant d&rsquo;une végétation livrée au hasard. Mais, sur le palier, elle rencontra Hepzibah qui la fit entrer dans ce qu&rsquo;elle eût appelé son « boudoir », si ce mot français eût fait partie d&rsquo;un vocabulaire exclusivement américain. Il y avait dans ce cabinet retiré quelques vieux volumes, un panier à ouvrage, une écritoire poudreuse ; il y avait aussi, contre l&rsquo;un des panneaux, un grand meuble noir d&rsquo;apparence étrange, que la noble demoiselle appelait « un clavecin ». Il ressemblait à une bière plus qu&rsquo;à toute autre chose, — et en effet, n&rsquo;ayant pas été ouvert depuis tant d&rsquo;années, il devait renfermer pas mal de musique morte faute d&rsquo;air.</p>
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			</item>
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		<title>
  Le Paradis des célibataires &#8211; Herman Melville</title>
		<link>https://classiclass-blog.com/le-paradis-des-celibataires-de-herman-melville/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[pydroual]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Mar 2023 16:57:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[On refait la déco]]></category>
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					<description><![CDATA[L'appartement n'était pas très loin du ciel. Je ne sais plus combien de marches, vieilles et étranges, je dus gravir pour l'atteindre. Un bon dîner, une compagnie fameuse se méritent.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p><strong><em>Le Paradis des célibataires est une nouvelle de l’américain Herman Melville (1819 – 1891)</em></strong></p>



<p><strong><em>Dans cet extrait, un dîner de célibataires à New-York&#8230;</em></strong></p>



<p>L&rsquo;appartement n&rsquo;était pas très loin du ciel. Je ne sais plus combien de marches, vieilles et étranges, je dus gravir pour l&rsquo;atteindre. Un bon dîner, une compagnie fameuse se méritent. Nul doute que la haute altitude de la salle à manger était faite pour assurer l&rsquo;exercice préalable et nécessaire à la juste appréciation et à la bonne digestion du repas.</p>



<p>Le mobilier était vieux&nbsp;: une merveille de confort, mais sans prétention. Nulle part le flambant neuf d&rsquo;un acajou encore poissé de verni mal séché&nbsp;; nulle part ces ottomanes au luxe inconfortable, ces sofas à la finesse dissuasive. Rien d&rsquo;incommodant dans cet appartement apaisant. C&rsquo;est la leçon que tout Américain sensé devrait retenir de tout Anglais sensé&nbsp;: ni l&rsquo;éclat, ni le clinquant, ni le toc, ni la babiole ne sont indispensables au bien-être domestique. L&rsquo;époux américain va jusqu&rsquo;en ville pour avaler, à la hâte, une côtelette bien coriace dans la dorure m&rsquo;as-tu-vu d&rsquo;un décor de buis. Le célibataire anglais dîne calmement chez lui d&rsquo;un incomparable présalé, sa spécialité, sur une table en sapin massif.</p>



<p>Le plafond de la pièce était bas. Mais qui voudrait dîner sous le dôme de Saint-Pierre&nbsp;? Les hauts plafonds&nbsp;! Si c&rsquo;est ce que vous voulez, si pour vous, plus c&rsquo;est haut, mieux c&rsquo;est, si vous êtes vraiment si grand, allez donc manger dehors, sous les étoiles, avec les girafes&nbsp;: vous serez en haute compagnie.</p>



<p></p>



<p><strong><em>Pour aller plus loin :</em></strong></p>



<p><strong><em>La suite directe de ce passage se trouve dans le thème : <a href="https://classiclass-blog.com/herman-melville-le-paradis-des-celibataires/" data-type="URL" data-id="https://classiclass-blog.com/herman-melville-le-paradis-des-celibataires/">A table ! </a></em></strong></p>
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