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	<title>Voyage, voyage &#8211; Classiclass-blog</title>
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	<title>Voyage, voyage &#8211; Classiclass-blog</title>
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  Un début dans la vie, de Honoré de Balzac</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Feb 2023 16:29:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Voyage, voyage]]></category>
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<p><strong><em>Un voyage en diligence au XIXème siècle</em></strong></p>



<p></p>



<p>Tous ceux qui ont voyagé savent que les personnes, réunies par le hasard dans une voiture, ne se mettent pas immédiatement en rapport ; et, à moins de circonstances rares, elles ne causent qu’après avoir fait un peu de chemin. Ce temps de silence est pris aussi bien par un examen mutuel, que par la prise de possession de la place où l’on se trouve ; les âmes ont tout autant besoin que le corps de se rasseoir. Quand chacun croit avoir pénétré l’âge vrai, la profession, le caractère de ses compagnons, le plus causeur commence alors, et la conversation s’engage avec d’autant plus de chaleur, que tout le monde a senti le besoin d’embellir le voyage et d’en charmer les ennuis. Les choses se passent ainsi dans les voitures françaises. Chez les autres nations, les mœurs sont bien différentes. Les Anglais mettent leur orgueil à ne pas desserrer les dents, l’Allemand est triste en voiture, et les Italiens sont trop prudents pour causer ; les Espagnols n’ont plus guère de diligences, et les Russes n’ont point de routes. On ne s’amuse donc que dans les lourdes voitures de France, dans ce pays si babillard*, si indiscret, où tout le monde est empressé de rire et de montrer son esprit, où la raillerie anime tout, depuis les misères des basses classes jusqu’aux graves intérêts des gros bourgeois. La Police y bride d’ailleurs peu la langue, et la Tribune* y a mis la discussion à la mode.</p>



<p></p>



<p>*babillard&nbsp;: qui parle beaucoup et sans réflexion.</p>



<p>*la Tribune&nbsp;: système parlementaire</p>
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		<title>
  Les Ames mortes, de Nicolas Gogol</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Feb 2023 16:56:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Voyage, voyage]]></category>
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<p>Jadis, il y a bien longtemps de cela, c’était dans les années de ma jeunesse, dans ces belles années si vite écoulées de mon enfance, j’étais joyeux, charmé quand j’arrivais pour la première fois dans un lieu qui m’était inconnu&nbsp;; peu importait que ce fût un hameau, une pauvre petite ville de district, un grand village, un petit bourg : mon œil curieux d’enfant y découvrait toujours beaucoup de choses intéressantes. Chaque bâtiment et tout ce qui portait le moindre vestige de particularité m’arrêtait, enchantait mon regard et me laissait une vive impression. Était-ce une maison en pierre, une de ces maisons de la couronne d’une architecture stéréotypée, la bonne moitié de la façade en fausses fenêtres, et cette façade se dressant seule dans sa fierté entre de modestes habitations bourgeoises construites en rondins et toutes consistant en un simple rez-de-chaussée&nbsp;; était-ce une belle coupole bien ronde, revêtue de fer-blanc étamé, s’élevant au-dessus des grands murs blancs comme la neige d’une église neuve ou fraîchement restaurée&nbsp;; était-ce un marché, plus ou moins primitif dans ses étalages et dans son aspect général&nbsp;; était-ce un petit-maître de district venu pour se montrer dans le chef-lieu de la province, tout s’emparait de mon attention, rien n’échappait à mon observation à la fois fine et naïve, et, sortant le nez hors de ma télègue* de voyage, je regardais et la coupe inconnue d’un pardessus, et les caisses de clous, de fleur de soufre, d’alun, de raisins secs, de craie, de camphre et de savon, qui formaient, avec des bocaux de conserves sèches de Moscou, la devanture, l’étalage des boutiquiers, des premiers épiciers de la localité. Je regardais un officier d’infanterie qui marchait le long des maisons, venant de Dieu sait quel gouvernement, tâter un peu de l’ennui des villes de district&nbsp;; et le marchand qui, vêtu d’une méchante sibirka*, filait sur sa légère bancelle à quatre roues, comme l’hirondelle avant l’orage&nbsp;; et je me transportais, par la pensée, à leur suite, bien loin, dans leur pauvre vie, que je ne manquais pas de supposer très douce et très riante. Un employé de district venait-il à longer la rue, je pensais : Où va-t-il&nbsp;? passer la soirée sans doute chez quelqu’un de ses confrères, ou bien tout bonnement chez lui, dans sa maisonnette, où, après s’être tenu une demi-heure assis paisible sur l’avancée de sa porte pour attendre le crépuscule, il ira prendre place au souper de famille, entre sa mère, sa femme, sa belle-sœur et toute la «&nbsp;nitée. » Je me demandais de quoi ils pourraient parler entre eux pendant que la fille de basse-cour en collier de verroterie, ou le garçon en grossière jaquette usée, apporterait, après la soupe, une chandelle de suif dans un vieux chandelier de travail domestique. En arrivant dans le principal village de quelque seigneur, je regardais avec curiosité le haut et grêle clocher en bois, et la vieille église bâtie en rondins, sombre et d’une largeur disproportionnée. Je regardais avec admiration défiler à distance, à travers le feuillage touffu des arbres, le toit rouge et les cheminées blanches de la maison domaniale, et j’attendais impatiemment que s’ouvrissent à mes yeux en deux parts les jardins qui faisaient cadre et avenue, et que cette maison m’apparût enfin dans tout son ensemble, qui, alors du moins, avait toujours pour moi une belle apparence. Et je m’efforçais de deviner quel homme ce pouvait être que le seigneur du lieu, s’il était gros, s’il avait des fils ou une bonne demi-douzaine de filles riant avec le son de voix argentin du rire des femmes&nbsp;; les unes aux yeux noirs, d’autres aux yeux bleus, mais la plus jeune, pour sûr, une beauté, et si lui-même était un homme jovial, ou si, par hasard, il était sombre comme la fin de septembre&nbsp;; s’il regardait sans cesse dans le calendrier, et parlait des foins, des orges et des seigles, dans le cercle de cette vive jeunesse qui pense naturellement à des sujets moins encombrants. &nbsp;</p>



<p>Aujourd’hui je traverse avec une profonde indifférence tous les villages inconnus, et j’envisage froidement leur triste et misérable apparence&nbsp;; mon regard ne s’arrête plus sur de pareils objets, rien de grotesque ne me fait plus sourire&nbsp;; ce qui autrefois provoquait chez moi instantanément un grand éclat de franc rire, et une heureuse animation dans mes traits et mes mouvements, passe maintenant devant mes regards comme inaperçu, et ma bouche, détenue immobile de froideur, ne trouve plus rien à dire de ce spectacle, qui avait alors le secret de me ravir en extase. Ô ma jeunesse&nbsp;! ô ma belle ingénuité&nbsp;!… &nbsp;</p>



<p>*télègue : chariot à quatre roues, tirée par des chevaux.</p>



<p>*sibirka : robe longue et ample</p>
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		<title>
  Pensées pour moi-même, de Marc Aurèle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Feb 2023 17:21:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Voyage, voyage]]></category>
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					<description><![CDATA[On va se chercher de lointaines retraites dans les champs, sur le bord de la mer, dans les montagnes&#160;; et toi-même aussi tu ne laisses pas que de satisfaire volontiers les mêmes désirs. Mais que tout ce soin est singulier, puisque tu peux toujours, quand tu le veux, à ton heure, trouver un asile en [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p>On va se chercher de lointaines retraites dans les champs, sur le bord de la mer, dans les montagnes&nbsp;; et toi-même aussi tu ne laisses pas que de satisfaire volontiers les mêmes désirs. Mais que tout ce soin est singulier, puisque tu peux toujours, quand tu le veux, à ton heure, trouver un asile en toi-même&nbsp;! Nulle part, en effet, l’homme ne peut goûter une retraite plus sereine ni moins troublée que celle qu’il porte au dedans de son âme, surtout quand on rencontre en soi ces ressources<sup>* </sup>sur lesquelles il suffit de s’appuyer un instant, pour qu’aussitôt on se sente dans la parfaite quiétude. Et par la «&nbsp;Quiétude&nbsp;», je n’entends pas autre chose qu’une entière soumission à la règle et à la loi. Tâche donc de t’assurer ce constant refuge, et viens t’y renouveler toi-même perpétuellement. Conserve en ton cœur de ces brèves et inébranlables maximes que tu n’auras qu’à méditer un moment, pour qu’à l’instant ton âme entière recouvre sa sérénité, et pour que tu en reviennes, exempt de toute amertume, reprendre le commerce de toutes ces choses où tu retournes. À qui, je te le demande, pourrais-tu en vouloir&nbsp;? Est-ce à la perversité des humains&nbsp;? Mais si tu rappelles à ta mémoire cet axiome que tous les êtres doués de raison sont faits les uns pour les autres, que se supporter réciproquement est une partie de la justice, et que tant de gens qui se sont détestés, soupçonnés, haïs, querellés, sont étendus dans la poussière et ne sont plus que cendres, tu t’apaiseras peut-être assez aisément. Ou bien, par hasard, est-ce que tu en veux au sort qui t’a été réparti dans l’ordre universel&nbsp;? Alors considère de nouveau cette alternative&nbsp;: De deux choses l’une, ou il y a une Providence, ou il n’y a que des atomes. Pense aussi à cette vieille démonstration d’où il ressort que le monde n’est après tout qu’une vaste cité.</p>



<p>(…)</p>



<p>Il reste donc uniquement à te souvenir que tu peux toujours faire retraitedans cet humble domaine qui n’appartient qu’à toi. Avant tout, garde-toi de t’agiter, de te raidir&nbsp;; conserve ta liberté, et envisage les choses comme doit le faire un cœur énergique, un homme, un citoyen, un être destiné à mourir. Puis, entre les maximes où la réflexion peut s’arrêter le plus habituellement, place ces deux-ci&nbsp;: la première, que les choses ne touchent pas directement notre âme, puisqu’elles sont en dehors d’elle, sans qu’elle puisse les modifier, et que nos troubles ne viennent que de l’idée tout intérieure que nous nous en faisons&nbsp;; la seconde, que toutes ces choses que tu vois vont changer dans un instant, et que tout à l’heure elles ne seront plus. Enfin, rappelle-toi sans cesse tous les changements que tu as pu toi-même observer. Le monde n’est qu’une transformation perpétuelle&nbsp;; la vie n’est qu’une idée et une opinion.</p>



<p>*ressources&nbsp;: les fortes maximes qui doivent régler la vie et gouverner l’homme selon Marc Aurèle</p>
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