<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Le médecin &#8211; Classiclass-blog</title>
	<atom:link href="https://classiclass-blog.com/category/le-medecin-extrait-litteraire/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://classiclass-blog.com</link>
	<description>Classiclass-blog</description>
	<lastBuildDate>Tue, 18 Mar 2025 13:34:37 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9</generator>

<image>
	<url>https://classiclass-blog.com/wp-content/uploads/2023/07/cropped-logo-classiclass-1-32x32.png</url>
	<title>Le médecin &#8211; Classiclass-blog</title>
	<link>https://classiclass-blog.com</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>
  Middlemarch &#8211; George Eliot</title>
		<link>https://classiclass-blog.com/middlemarch-george-eliot/</link>
					<comments>https://classiclass-blog.com/middlemarch-george-eliot/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Haib Labchiri]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Mar 2025 11:35:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le médecin]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://classiclass-blog.com/?p=3681</guid>

					<description><![CDATA[C’était un de ces rares jeunes gens qui choisissent de bonne heure une voie définie, convaincus qu’il y a pour eux dans la vie une chose spéciale à faire...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p><strong><em>George Eliot (1819-1880) est le nom de plume de la romancière britannique Mary Anne Evans. </em></strong></p>



<p><strong><em>Dans cet extrait de son célèbre roman Middlemarch (le nom de la ville fictive où se déroule l&rsquo;histoire), le personnage de Lydgate se découvre à l’adolescence une passion pour la médecine…</em></strong></p>



<p>Pourtant, je le répète, l’impression générale était qu’il y avait en Lydgate quelque chose de plus que chez les autres praticiens ordinaires de Middlemarch.&nbsp;</p>



<p>C’était la vérité. Il n’avait que vingt-sept ans, cet âge auquel on voit des hommes sortir du rang pleins d’espoir dans le succès, fermes dans leur résolution, sûrs que Mammon ne leur mettra jamais un mors à la bouche et ne leur montera jamais à califourchon sur le dos pour les stimuler, mais plutôt que Mammon, s’ils ont affaire à lui, les aidera à pousser leur char.</p>



<p>Il était resté orphelin au moment où il sortait du collège. Son père n’avait amassé au service militaire que bien peu de chose pour ses trois enfants, et, quand le jeune Tertius voulut faire ses études de médecine, ses tuteurs jugèrent plus simple d’accéder à ses vœux en le mettant en apprentissage chez un médecin de province que de s’y opposer en invoquant la dignité de la famille. C’était un de ces rares jeunes gens qui choisissent de bonne heure une voie définie, convaincus qu’il y a pour eux dans la vie une chose spéciale à faire, parce qu’ils se sentent appelés à la faire et non parce que leurs pères l’ont faite avant eux. Ceux d’entre nous qui ont embrassé une carrière par vocation doivent se souvenir de certain matin ou de certain soir où ils ont grimpé sur un escabeau pour atteindre un livre inconnu, ou sont restés assis, les lèvres entr’ouvertes, à écouter la conversation d’un étranger, ou enfin ont commencé, à défaut de livres, à écouter parler les voix intérieures de leur âme, y trouvant le premier germe appréciable de leur vocation. Quelque chose de semblable était arrivé à Lydgate. Il avait l’esprit prompt&nbsp;; et souvent, encore tout animé au sortir d’un jeu bruyant, on le voyait se mettre dans un coin et bientôt s’absorber profondément dans le premier livre qui lui tombait sous la main. Tant mieux si c’était Rasselas ou Gulliver&nbsp;; mais le Dictionnaire de Bailey ou la Bible avec les livres Apocryphes faisaient également son affaire. Il lui fallait absolument quelque chose à lire, quand il n’était pas en train de monter le poney, de courir, de chasser ou d’écouter la conversation des hommes mûrs.</p>



<p>Quand il eut achevé ses classes et ses mathématiques, sans s’y distinguer réellement, on disait de lui qu’avec de la volonté il pourrait arriver à tout, mais il n’avait certainement pas voulu jusque-là. C’était un jeune animal vigoureux, d’une intelligence rapide&nbsp;; mais nulle étincelle n’avait encore allumé en lui une passion intellectuelle, le savoir lui semblait chose superficielle, facile à acquérir&nbsp;: à en juger par les conversations de ses aînés, il avait déjà plus d’expérience qu’il n’en faudrait pour la conduite de sa vie.</p>



<p>Mais, au temps de ses vacances, il entra un jour de pluie dans la petite bibliothèque paternelle, à la recherche d’un livre nouveau&nbsp;; il avisa enfin une rangée de volumes couverts de poussière, à dos de papier gris et à étiquettes sombres&nbsp;: les volumes d’une vieille encyclopédie auxquels il n’avait jamais touché. Ils se trouvaient sur le rayon le plus élevé et Lydgate était monté sur une chaise pour les atteindre. Mais, ayant ouvert le premier volume, il resta à lire ainsi tout debout dans cette position incommode. Il était tombé sur une page portant le titre d’Anatomie, et le premier passage qui attira ses yeux traitait des valvules du cœur. Lydgate n’était très familier avec aucune sorte de valvules, mais il savait que les valvæ désignaient des portes à battants, et de cette réflexion jaillit une lumière soudaine, qui éveilla en lui la première notion d’un mécanisme artistement combiné, placé au milieu de la charpente humaine. Tout ce qu’il en savait, c’est que sa cervelle était renfermée dans de petits sacs à l’endroit des tempes, et il n’avait pas plus l’idée de la circulation du sang que de la façon dont la papier pouvait remplacer l’or dans la circulation. Mais l’heure de la vocation était arrivée. Avant d’être descendu de sa chaise, un nouveau monde s’était révélé à lui par le pressentiment de travaux et de progrès successifs, remplissant les vastes espaces qu’avait jusque-là dérobés à sa vue une sorte d’ignorant pédantisme qu’il prenait pour la science. À partir de ce moment, Lydgate sentit germer en lui une passion intellectuelle.</p>



<p>(…)</p>



<p>et il y avait plus d’espoir à mettre en lui, parce que son ardeur scientifique avait pris bientôt la forme d’un véritable enthousiasme pour sa profession, il avait, dans le travail qui devait lui faire gagner son pain, une foi d’enfant, que ne put entamer son initiation nécessaire à ce qui s’appelle les années d’apprentissage. Il apporta dans ses études, à Londres, à Édimbourg, à Paris, la conviction constante que la profession médicale était, malgré tout, la plus belle de toutes, qu’elle offrait la plus parfaite union de la science et de l’art, l’alliance la plus directe de la conquête intellectuelle et du bien social.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://classiclass-blog.com/middlemarch-george-eliot/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>
  Zadig &#8211; Voltaire</title>
		<link>https://classiclass-blog.com/zadig-voltaire/</link>
					<comments>https://classiclass-blog.com/zadig-voltaire/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Sep 2023 10:12:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le médecin]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://classiclass-blog.com/?p=3490</guid>

					<description><![CDATA[Son médecin, qui n'a que peu de crédit auprès de lui quand il digère bien, le gouverne despotiquement quand il a trop mangé]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p><strong><em>Un extrait du conte philosophique, Zadig, du philosophe et écrivain François Marie Arouet, dit Voltaire (1694 &#8211; 1778)</em></strong></p>



<p>J&rsquo;étais déjà près de l&rsquo;Arabie, lorsqu&rsquo;un fameux voleur, nommé Arbogad, m&rsquo;enleva, et me vendit à des marchands qui m&rsquo;ont amenée dans ce château, où demeure le seigneur Ogul. Il m&rsquo;a achetée sans savoir qui j&rsquo;étais. C&rsquo;est un homme voluptueux qui ne cherche qu&rsquo;à faire grande chère, et qui croit que Dieu l&rsquo;a mis au monde pour tenir table. Il est d&rsquo;un embonpoint excessif, qui est toujours prêt à le suffoquer. Son médecin, qui n&rsquo;a que peu de crédit auprès de lui quand il digère bien, le gouverne despotiquement quand il a trop mangé. Il lui a persuadé qu&rsquo;il le guérirait avec un basilic* cuit dans de l&rsquo;eau rose. Le seigneur Ogul a promis sa main à celle de ses esclaves qui lui apporterait un basilic. Vous voyez que je les laisse s&#8217;empresser à mériter cet honneur, et je n&rsquo;ai jamais eu moins d&rsquo;envie de trouver ce basilic que depuis que le ciel a permis que je vous revisse.</p>



<p>(…)</p>



<p>Les femmes rentrèrent chez Ogul sans avoir rien trouvé. Zadig se fit présenter à lui, et lui parla en ces termes: Que la santé immortelle descende du ciel pour avoir soin de tous vos jours ! Je suis médecin, j&rsquo;ai accouru vers vous sur le bruit de votre maladie, et je vous ai apporté un basilic cuit dans de l&rsquo;eau rose. Ce n&rsquo;est pas que je prétende vous épouser : je ne vous demande que la liberté d&rsquo;une jeune esclave de Babylone que vous avez depuis quelques jours; et je consens de rester en esclavage à sa place, si je n&rsquo;ai pas le bonheur de guérir le magnifique seigneur Ogul.</p>



<p>(…)</p>



<p>Cependant Zadig parla ainsi à Ogul: Seigneur, on ne mange point mon basilic, toute sa vertu doit entrer chez vous par les pores. Je l&rsquo;ai mis dans une petite outre bien enflée et couverte d&rsquo;une peau fine: il faut que vous poussiez cette outre de toute votre force, et que je vous la renvoie à plusieurs reprises; et en peu de jours de régime vous verrez ce que peut mon art. Ogul dès le premier jour fut tout essoufflé, et crut qu&rsquo;il mourrait de fatigue. Le second il fut moins fatigué, et dormit mieux. En huit jours il recouvra toute la force, la santé, la légèreté, et la gaieté de ses plus brillantes années. Vous avez joué au ballon, et vous avez été sobre, lui dit Zadig: apprenez qu&rsquo;il n&rsquo;y a point de basilic dans la nature, qu&rsquo;on se porte toujours bien avec de la sobriété et de l&rsquo;exercice, et que l&rsquo;art de faire subsister ensemble l&rsquo;intempérance et la santé est un art aussi chimérique que la pierre philosophale, l&rsquo;astrologie judiciaire, et la théologie des mages.</p>



<p>Le premier médecin d&rsquo;Ogul, sentant combien cet homme était dangereux pour la médecine, s&rsquo;unit avec l&rsquo;apothicaire du corps pour envoyer Zadig chercher des basilics dans l&rsquo;autre monde. Ainsi, après avoir été toujours puni pour avoir bien fait, il était près de périr pour avoir guéri un seigneur gourmand. On l&rsquo;invita à un excellent dîner. Il devait être empoisonné au second service… &nbsp;</p>



<p>*basilic : reptile mythique</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://classiclass-blog.com/zadig-voltaire/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>
  Les Carnets de Malte Laurids Brigge &#8211; Rilke</title>
		<link>https://classiclass-blog.com/les-carnets-de-malte-laurids-brigge-rilke/</link>
					<comments>https://classiclass-blog.com/les-carnets-de-malte-laurids-brigge-rilke/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Sep 2023 10:48:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le médecin]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://classiclass-blog.com/?p=3507</guid>

					<description><![CDATA[Quelques instants après vinrent les médecins. D’abord quelques jeunes gens qui passèrent avec des visages indifférents, enfin celui chez lequel j’avais été, en gants clairs, en chapeau à huit reflets et en pardessus impeccable. Lorsqu’il me vit, il souleva un peu son chapeau et sourit distraitement. J’eus alors l’espoir d’être appelé aussitôt, mais une heure s’écoula encore.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p><strong><em>Raimer Maria Rilke (1875 – 1926) est un écrivain autrichien, qui a aussi écrit Lettres à un jeune poète.</em></strong></p>



<p>Quelques instants après vinrent les médecins. D’abord quelques jeunes gens qui passèrent avec des visages indifférents, enfin celui chez lequel j’avais été, en gants clairs, en chapeau à huit reflets et en pardessus impeccable. Lorsqu’il me vit, il souleva un peu son chapeau et sourit distraitement. J’eus alors l’espoir d’être appelé aussitôt, mais une heure s’écoula encore. Je ne me rappelle plus à quoi je la passai. Elle s’écoula. Vint ensuite un homme vieux, ceint d’un tablier taché, une sorte d’infirmier, qui me toucha l’épaule. J’entrai dans une des chambres voisines. Le médecin et les jeunes gens étaient assis autour de la table et me regardaient. On me donna une chaise. Voilà. À présent je devais raconter mon cas. Le plus brièvement possible, s’il vous plaît. Car ces messieurs ne disposaient pas de beaucoup de temps. Je me sentais singulièrement mal à l’aise. Les jeunes gens étaient assis et me regardaient avec cet air de supériorité et cette curiosité professionnelle qu’ils avaient appris. Le médecin que je connaissais caressait sa barbiche noire et souriait distraitement. Je pensai que j’allais fondre en larmes, mais je m’entendis répondre couramment en français&nbsp;: «&nbsp;J’ai déjà eu l’honneur, monsieur, de vous donner tous les renseignements que je puis vous donner. Si vous jugez indispensable que ces messieurs soient mis au courant, vous sauriez certainement le faire en quelques mots, alors que cela me serait à moi-même infiniment pénible.&nbsp;» Le médecin se leva avec un sourire poli, se dirigea vers la fenêtre avec les assistants et prononça quelques mots qu’il accompagnait d’un mouvement de la main vertical et oscillant. Au bout de trois minutes l’un des jeunes gens, myope et négligent, revint à ma table et demanda en essayant de me regarder d’un air sévère&nbsp;:</p>



<p>– Vous dormez bien, monsieur&nbsp;?</p>



<p>– Non, mal.</p>



<p>Après quoi il se précipita de nouveau vers le groupe de la fenêtre. On y discuta encore pendant un moment, puis le médecin se tourna vers moi et me dit qu’on me rappellerait. Je lui fis observer que j’avais été convoqué pour une heure. Il sourit et eut quelques mouvements rapides et sautillants de ses petites mains blanches qui voulaient sans doute dire qu’il était très occupé. Je retournai donc dans mon couloir où l’air était devenu beaucoup plus pesant et je recommençai à aller et à venir, bien que je me sentisse mortellement las. L’odeur humide et renfermée finit par me donner le vertige, je m’arrêtai à la porte d’entrée et l’entr’ouvris. Je vis que dehors, c’était encore l’après-midi et qu’il faisait du soleil&nbsp;: cela me ranima d’une façon inexprimable. Mais j’étais là depuis une minute à peine, lorsque je m’entendis interpeller. Une femme, assise à deux pas de moi, auprès d’une petite table, m’adressa la parole d’une voix sifflante&nbsp;: Qui m’avait dit d’ouvrir la porte&nbsp;? me demandait-elle. Je répondis que je ne pouvais supporter l’atmosphère de la salle. Cela ne regardait que moi, mais la porte devait rester fermée. N’était-il donc pas possible d’ouvrir une fenêtre&nbsp;? Non, c’était interdit. Je décidai de recommencer à aller et venir, parce que c’était une manière de m’étourdir et que cela ne pouvait gêner personne. Mais cela aussi déplaisait maintenant à la femme assise auprès de la petite table&nbsp;: N’avais-je donc pas de place&nbsp;? Non, je n’en avais pas. Mais il s’en trouverait bien quelqu’une. La femme avait raison. Il se trouva en effet aussitôt une place à côté de la fillette aux yeux désorbités. À présent, j’étais assis, avec le sentiment que cet état devait certainement préparer à de terribles choses. À ma gauche était la fillette aux gencives pourries&nbsp;; je ne pus distinguer qu’au bout d’un instant ce qui était à ma droite. C’était une masse énorme, incapable de se mouvoir, qui avait un visage et une main grande, lourde et immobile. Le côté du visage que je voyais était vide, sans traits ni souvenirs, et on éprouvait de l’inquiétude à voir que les vêtements étaient semblables à ceux d’un cadavre qu’on aurait habillé pour le mettre en bière. L’étroite cravate noire était nouée de la même manière lâche, impersonnelle autour du col et l’on voyait que la veste avait été mise par quelqu’un d’autre à ce corps sans volonté. On avait posé la main sur ce pantalon, là, exactement où elle était, et les cheveux même étaient peignés comme par des veilleuses de morts, ordonnés avec raideur comme le poil d’une bête empaillée. J’observai tout cela avec attention et je me pris à songer que là était donc la place qui m’était destinée, car je croyais être enfin arrivé à l’endroit de ma vie où je pourrais rester. Oui, le destin suit des voies bien singulières.</p>



<p>Soudain s’élevèrent non loin de moi les cris effrayés – comme de quelqu’un qui se débat – d’un enfant, auxquels succéda un sanglot léger et soutenu. Tandis que je m’efforçais de deviner d’où ce bruit avait pu venir, un petit cri étouffé se perdit en un tremblement et j’entendis des voix qui questionnaient, une voix plus basse qui ordonnait, et puis une machine indifférente se mit à ronfler et ne se souciait plus de rien. Je me rappelai alors ce demi-mur et je compris que tous ces bruits venaient d’au delà des portes, et qu’on y travaillait à présent. En effet, de temps en temps, apparaissait l’infirmier au tablier taché, et faisait signe. Je ne pensais même plus que ce pût être pour moi. Était-ce pour moi&nbsp;? Non. Deux hommes étaient là avec un fauteuil à roulettes. Ils y déposèrent la masse, et je vis à présent que c’était un vieux paralytique qui avait encore un autre côté, plus petit, usé par la vie, avec un œil ouvert, trouble et triste. Ils le poussèrent de l’autre côté, et il y eut auprès de moi une large place. Cependant j’étais toujours assis et je me demandais ce qu’ils avaient l’intention de faire à la fillette idiote et si elle aussi crierait. Là derrière, les machines ronflaient avec un bruit d’usine si régulier qu’il n’avait plus rien d’inquiétant.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://classiclass-blog.com/les-carnets-de-malte-laurids-brigge-rilke/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>
  L’Envers de l’histoire contemporaine &#8211; Balzac</title>
		<link>https://classiclass-blog.com/lenvers-de-lhistoire-contemporaine-balzac/</link>
					<comments>https://classiclass-blog.com/lenvers-de-lhistoire-contemporaine-balzac/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Sep 2023 10:56:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le médecin]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://classiclass-blog.com/?p=3513</guid>

					<description><![CDATA[À huit heures du matin, le lendemain, Godefroid frappait à la porte du célèbre médecin polonais. Il fut conduit par un valet de chambre au premier étage du petit hôtel qu’il avait pu examiner pendant le temps que le portier mit à trouver et à prévenir le domestique.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p>À huit heures du matin, le lendemain, Godefroid frappait à la porte du célèbre médecin polonais. Il fut conduit par un valet de chambre au premier étage du petit hôtel qu’il avait pu examiner pendant le temps que le portier mit à trouver et à prévenir le domestique.</p>



<p>Heureusement, comme il s’en doutait, l’exactitude de Godefroid lui sauva l’ennui d’attendre ; il était, sans doute, le premier venu. D’une antichambre fort simple, il passa dans un grand cabinet où il aperçut un vieillard en robe de chambre, qui fumait une longue pipe. La robe de chambre, en alépine noire, devenue luisante, portait la date de l’émigration polonaise.</p>



<p>– Qu’y a-t-il pour votre service ? lui dit le médecin juif, car vous n’êtes pas malade !</p>



<p>Et il arrêta sur Godefroid un regard qui avait l’expression curieuse et piquante des yeux du juif polonais, ces yeux qui semblent avoir des oreilles. Halpersohn était, au grand étonnement de Godefroid, un homme de cinquante-six ans, à petites jambes turques et dont le buste était large, puissant. Il y avait en cet homme quelque chose d’oriental, car sa figure avait dû, dans la jeunesse, être fort belle ; il en restait un nez hébraïque, long et recourbé comme un sabre de Damas. Le front vraiment polonais, large et noble, mais ridé comme un papier froissé, rappelait celui de saint Joseph des vieux maîtres italiens. Les yeux, vert de mer et enchâssés, comme ceux des perroquets, par des membranes grisâtres et froncées, exprimaient la ruse et l’avarice à un degré supérieur. Enfin, la bouche, fendue comme une blessure, ajoutait à cette physionomie sinistre tout le mordant de la défiance.</p>



<p>Cette face pâle et maigre, car Halpersohn était d’une remarquable maigreur, surmontée de cheveux gris mal peignés, avait, pour ornement, une longue barbe très fournie, noire, mélangée de blanc, qui cachait la moitié du visage, en sorte qu’on n’en voyait que le front, les yeux, le nez, les pommettes et la bouche.</p>



<p>Cet ami du révolutionnaire Lelewel portait une calotte en velours noir qui, mordant par une pointe sur le front, en faisait ressortir la couleur blonde, digne des pinceaux de Rembrandt.</p>



<p>La question que fit ce médecin devenu si célèbre, autant par ses talents que par son avarice, causa quelque surprise à Godefroid, qui se dit en lui-même :</p>



<p>– Me prendrait-il pour un voleur ?</p>



<p>La réponse à cette question se trouvait sur la table et sur la cheminée du docteur. Godefroid croyait arriver le premier, il arrivait le dernier. Les consultants avaient déposé sur la cheminée et sur le bord de la table d’assez grosses offrandes, car Godefroid aperçut des piles de pièces de vingt francs, de quarante francs et deux billets de mille francs. Était-ce là le produit d’une matinée ? Il en douta beaucoup, et il crut à quelque savante invention d’esprit. Peut-être l’avare mais infaillible docteur tenait-il à forcer ainsi ses recettes en laissant croire à ses clients, choisis parmi les riches, qu’on lui donnait des rouleaux au lieu de papillotes.</p>



<p>Moïse Halpersohn devait d’ailleurs être payé largement, car il guérissait, et guérissait précisément les maladies désespérées auxquelles la médecine renonçait. On ignore en Europe que les peuples slaves possèdent beaucoup de secrets; ils ont une collection de remèdes souverains, fruits de leurs relations avec les Chinois, les Persans, les Cosaques, les Turcs et les Tartares. Certaines paysannes, qui passent pour sorcières, guérissent radicalement la rage en Pologne, avec des sucs d’herbe. Il existe dans ce pays un corps d’observations sans code, sur les effets de certaines plantes, de quelques écorces d’arbres réduites en poudre, que l’on se transmet de famille en famille, et il s’y fait des cures miraculeuses.</p>



<p>Halpersohn, qui passa, pendant cinq ou six ans, pour un médicastre, à cause de ses poudres, de ses médecines, possédait la science innée des grands médecins. Non seulement il était savant et avait beaucoup observé, mais encore il avait parcouru l’Allemagne, la Russie, la Perse, la Turquie, où il avait recueilli bien des traditions ; et comme il connaissait la chimie, il devint la bibliothèque vivante de ces secrets épars chez les bonnes femmes, comme on dit en France, de tous les pays où il avait porté ses pas, à la suite de son père, marchand ambulant de son état.</p>



<p>Il ne faut pas croire que la scène où, dans Richard en Palestine, Saladin guérit le roi d’Angleterre, soit une fiction. Halpersohn possède une bourse de soie qu’il trempe dans l’eau pour la colorer légèrement, et certaines fièvres cèdent à cette eau bue par le malade. La vertu des plantes, selon cet homme, est infinie, et les guérisons des plus affreuses maladies sont possibles. Cependant, lui, comme ses confrères, s’arrête quelquefois devant des incompréhensibilités. Halpersohn aime l’invention de l’homéopathie, plus à cause de sa thérapeutique que pour son système médical ; il correspondait alors avec Hedénius de Dresde, Chelius d’Heidelberg et les célèbres médecins allemands, tout en tenant la main fermée, quoique pleine de découvertes. Il ne voulait pas faire d’élèves.</p>



<p>Le cadre était d’ailleurs en harmonie avec ce portrait échappé d’une toile de Rembrandt. Le cabinet, tendu d’un papier qui simulait du velours vert, était mesquinement meublé d’un divan vert. Le tapis vert mélangé montrait la corde. Un grand fauteuil en cuir noir, pour les consultants, se trouvait devant la fenêtre, drapée de rideaux verts. Un fauteuil de bureau, de forme romaine, en acajou, et couvert d’un maroquin vert, était le siège du docteur.</p>



<p>Entre la cheminée et la table longue sur laquelle il écrivait, une caisse commune en fer, placée en face de la cheminée, au milieu de la paroi opposée, supportait une pendule en granit de Vienne sur laquelle s’élevait un groupe en bronze, représentant l’Amour jouant avec la Mort, le présent d’un grand sculpteur allemand qu’Halpersohn avait sans doute guéri. Le chambranle de la cheminée avait une coupe entre deux flambeaux pour tout ornement. De chaque côté du divan, deux encoignures en ébène servaient à mettre des plateaux, où Godefroid vit des cuvettes d’argent, des carafes et des serviettes.</p>



<p>Cette simplicité, qui tenait presque de la nudité, frappa beaucoup Godefroid, pour qui tout voir fut l’affaire d’un coup d’œil, et il recouvra son sang-froid.</p>



<p>– Monsieur, je me porte parfaitement bien : aussi ne viens-je pas pour moi, mais pour une femme à qui vous auriez dû, depuis longtemps, faire une visite. Il s’agit d’une dame qui demeure sur le boulevard du Montparnasse&#8230;</p>



<p>– Ah ! oui, cette dame m’a déjà plusieurs fois envoyé son fils&#8230; Eh ! bien, monsieur, qu’elle vienne à ma consultation.</p>



<p>– Qu’elle vienne ! répéta Godefroid indigné ; mais, monsieur, elle n’est pas transportable de son lit sur un fauteuil ; il faut la soulever avec des sangles.</p>



<p>– Vous n’êtes pas médecin, monsieur ? demanda le docteur juif avec une singulière grimace qui rendit son masque encore plus méchant qu’il ne l’était.</p>



<p>– Si le baron de Nucingen vous faisait dire qu’il souffre et veut vous visiter, répondriez- vous : Qu’il vienne !</p>



<p>– J’irais, répliqua froidement le juif en lançant un jet de salive dans un crachoir hollandais en acajou plein de sable.</p>



<p>– Vous iriez, reprit doucement Godefroid, parce que le baron de Nucingen a deux millions de rentes, et&#8230;</p>



<p>– Le reste ne fait rien à l’affaire, j’irais.</p>



<p>– Eh bien ! monsieur, vous viendrez voir la malade du boulevard Montparnasse, par la même raison. Sans avoir la fortune du baron de Nucingen, je suis ici pour vous dire que vous mettrez vous-même le prix à la guérison, ou à vos soins si vous échouez&#8230; Je suis prêt à vous payer d’avance ; mais comment, monsieur, vous qui êtes un émigré polonais, un communiste, je crois, ne feriez-vous pas un sacrifice à la Pologne ? car cette dame est la petite-fille du général Tarlowski, l’ami du prince Poniatowski.</p>



<p>– Monsieur, vous êtes venu pour me demander de guérir cette dame, et non pour me donner des conseils. En Pologne, je suis Polonais ; à Paris, je suis Parisien. Chacun fait le bien à sa manière, et croyez que l’avidité qu’on me prête a sa raison. Le trésor que j’amasse a sa destination ; elle est sainte. Je vends la santé : les riches peuvent la payer, je la leur fais acheter. Les pauvres ont leurs médecins. Si je n’avais pas un but, je n’exercerais pas la médecine. Je vis sobrement et je passe mon temps à courir ; je suis paresseux et j’étais joueur&#8230; Concluez, jeune homme !&#8230; Vous n’avez pas l’âge où l’on peut juger les vieillards.</p>



<p>Godefroid garda le silence.</p>



<p>–Vous demeurez avec la petite-fille de cet imbécile qui n’avait de courage que pour se battre, et qui a livré son pays à Catherine II ?</p>



<p>– Oui, monsieur.</p>



<p>– Soyez chez vous lundi, à trois heures, dit-il en quittant sa pipe et en prenant son agenda sur lequel il traça quelques mots.</p>



<p>–Vous me remettrez, à mon arrivée, deux cents francs ; et si je vous promets la guérison, vous me donnerez mille écus&#8230; Il m’a été dit, reprit-il, que cette dame est rapetissée comme si elle était tombée au feu.</p>



<p>– Monsieur, c’est, croyez-en les plus célèbres médecins de Paris, une névrose dont les désordres sont tels, qu’ils les ont niés tant qu’ils ne les ont pas vus.</p>



<p>– Ah ! je me rappelle maintenant les détails que ce petit bonhomme m’en a donnés&#8230; À demain, monsieur.</p>



<p>Godefroid sortit, après avoir salué cet homme aussi singulier qu’extraordinaire. Rien en lui ne sentait, n’indiquait un médecin, pas même ce cabinet nu, et dont le seul meuble qui frappât la vue était cette formidable caisse de Huret ou de Fichet.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://classiclass-blog.com/lenvers-de-lhistoire-contemporaine-balzac/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>
  Lettre d’une inconnue &#8211; Stefan Zweig</title>
		<link>https://classiclass-blog.com/lettre-dune-inconnue-stefan-zweig/</link>
					<comments>https://classiclass-blog.com/lettre-dune-inconnue-stefan-zweig/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Sep 2023 10:52:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le médecin]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://classiclass-blog.com/?p=3511</guid>

					<description><![CDATA[je dus aller à l’hôpital. C’est là, en ce lieu où seules se réfugient en leur détresse les femmes les plus pauvres, les réprouvées, les oubliées, là au milieu de la plus rebutante misère]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p>… je dus aller à l’hôpital. C’est là, en ce lieu où seules se réfugient en leur détresse les femmes les plus pauvres, les réprouvées, les oubliées, là au milieu de la plus rebutante misère, c’est là que l’enfant, ton enfant, est venu au monde. C’est à mourir, cet hôpital ; tout vous y est étranger, étranger, étranger ; et nous nous regardions comme des étrangères, nous qui gisions là, solitaires, et mutuellement pleines de haine, nous que seuls la misère et les mêmes tourments avaient contraintes à prendre place dans cette salle, à l’atmosphère viciée, emplie de chloroforme et de sang, de cris et de gémissements. Tout ce que la pauvreté doit subir d’humiliations, d’outrages moraux et physiques, je l’ai souffert, dans cette promiscuité avec des prostituées et des malades qui faisaient de la communauté de notre sort une commune infamie&#8230; Sous le cynisme de ces jeunes médecins qui, avec un sourire d’ironie, relevaient le drap de lit et palpaient le corps de la femme sans défense, sous un faux prétexte de souci scientifique&#8230; En présence de la cupidité des infirmières. Oh ! Là-bas, la pudeur humaine ne rencontre que des regards qui la crucifient et des paroles qui la flagellent. Votre nom sur une pancarte, c’est tout ce qui reste de vous, car ce qui gît dans le lit n’est qu’un paquet de chair pantelante, que tâtent les curieux et qui n’est plus qu’un objet d’exhibition et d’étude. Oh ! elles ne savent pas, les femmes qui donnent des enfants à leur mari aux petits soins, dans leur propre maison, ce que c’est que de mettre au monde un enfant lorsqu’on se trouve seule, sans protection et comme sur une table d’expérimentation médicale. Aujourd’hui encore, quand je rencontre dans un livre le mot “enfer”, je pense immédiatement, malgré moi, à cette salle bondée dans laquelle, parmi les mauvaises odeurs, les gémissements, les rires et les cris sanglants de femmes entassées, j’ai tant souffert, – à cet abattoir de la pudeur.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://classiclass-blog.com/lettre-dune-inconnue-stefan-zweig/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>
  Oliver Twist &#8211; Charles Dickens</title>
		<link>https://classiclass-blog.com/oliver-twist-charles-dickens/</link>
					<comments>https://classiclass-blog.com/oliver-twist-charles-dickens/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Sep 2023 10:41:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le médecin]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://classiclass-blog.com/?p=3505</guid>

					<description><![CDATA[Il s’assoupit doucement, et fut réveillé par la lumière d’une bougie, qui, placée près de son lit, lui laissa voir un monsieur tenant à la main une grosse montre d’or ; celui-ci tâta le pouls de l’enfant et déclara qu’il allait beaucoup mieux.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p><strong><em>Oliver (ici Olivier) est alité et se remet d’une maladie…</em></strong></p>



<p>Il s’assoupit doucement, et fut réveillé par la lumière d’une bougie, qui, placée près de son lit, lui laissa voir un monsieur tenant à la main une grosse montre d’or ; celui-ci tâta le pouls de l’enfant et déclara qu’il allait beaucoup mieux.</p>



<p>« Vous vous trouvez beaucoup mieux, n’est-ce pas, mon ami ? dit-il à Olivier.</p>



<p>– Oui, monsieur, merci, répondit celui-ci.</p>



<p>– Je savais bien que vous alliez mieux, dit le monsieur. Vous avez faim, n’est-ce pas ?</p>



<p>– Non, monsieur, répondit Olivier.</p>



<p>– Hem ! dit le docteur. Non, je savais bien que vous n’aviez pas faim. Il n’a pas faim, madame Bedwin », ajouta-t-il d’un ton sentencieux.</p>



<p>La vieille dame fit un signe de tête respectueux, qui semblait dire qu’elle regardait le docteur comme très habile ; celui-ci semblait avoir de lui-même absolument la même opinion.</p>



<p>« Vous avez sommeil, n’est-ce pas, mon ami ? dit le docteur.</p>



<p>– Non, monsieur, répondit Olivier.</p>



<p>– Vous n’avez pas sommeil ? dit le docteur d’un air satisfait ; et vous n’avez pas soif non plus, hein ?</p>



<p>– Si monsieur, j’ai bien soif, répondit Olivier.</p>



<p>– Voilà justement à quoi je m’attendais, madame Bedwin, dit le docteur. Il est naturel qu’il ait soif, cela est tout simple ; vous pouvez lui donner un peu de thé, et une tranche de pain grillé sans beurre. Ne le tenez pas trop chaudement, madame. Ayez pourtant bien soin qu’il ne se refroidisse pas. Voulez-vous avoir cette bonté ? »</p>



<p>La vieille dame fit une révérence, et le docteur, après avoir goûté la tisane et en avoir hautement apprécié la qualité, sortit comme un homme pressé, et descendit l’escalier en faisant craquer ses bottes sur les degrés, d’un air d’importance.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://classiclass-blog.com/oliver-twist-charles-dickens/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
