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	<title>Extraits littéraires sur l&rsquo;amitié &#8211; Classiclass-blog</title>
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	<title>Extraits littéraires sur l&rsquo;amitié &#8211; Classiclass-blog</title>
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		<title>
  Fable « L&#8217;aigle et le renard » &#8211; Esope</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Aug 2023 16:54:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Extraits littéraires sur l'amitié]]></category>
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					<description><![CDATA[Un aigle et un renard, ayant fait amitié ensemble, décidèrent d’habiter l’un près de l’autre, dans la pensée que la cohabitation affermirait leur liaison. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p><em><strong>Esope (env. 620 &#8211; env. 560 av. J.-C) est un fabuliste (auteur de fables) grec. Il existe beaucoup de légendes sur sa vie, mais les historiens sont presque sûrs qu’il était plus un conteur qu&rsquo;un « écrivain ». Ces fables «&nbsp;morales&nbsp;», issues probablement de la tradition orale, mettent en scène des animaux.</strong></em></p>



<p><em><strong>Ici la fable&nbsp;: </strong></em></p>



<p><em><strong>L’aigle et le renard</strong></em></p>



<p>Un aigle et un renard, ayant fait amitié ensemble, décidèrent d’habiter l’un près de l’autre, dans la pensée que la cohabitation affermirait leur liaison. Et alors l’aigle prenant son essor s’établit sur un arbre très élevé et y fit sa couvée, tandis que le renard, se glissant dans le buisson qui était au pied de l’arbre, y déposa ses petits.</p>



<p>Mais un jour que le renard était sorti pour chercher pâture, l’aigle à court de nourriture fondit sur le buisson, enleva les renardeaux et s’en régala avec ses petits. À son retour, le renard, voyant ce qui s’était passé, fut moins affligé de la mort de ses petits que de l’impossibilité de se venger&nbsp;; en effet il ne pouvait, lui quadrupède, poursuivre un volatile. Il dut se contenter, seule ressource des impuissants et des faibles, de maudire son ennemi de loin.</p>



<p>Or il arriva que l’aigle ne tarda pas à subir la punition de son crime contre l’amitié. Des gens sacrifiaient une chèvre à la campagne&nbsp;; l’aigle fondit sur l’autel, y ravit un viscère enflammé et l’apporta dans son nid. Or un vent violent s’étant mis à souffler fit flamber un vieux fétu, et par suite les aiglons furent brûlés, car ils étaient encore hors d’état de voler, et ils tombèrent sur le sol. Le renard accourut et sous les yeux de l’aigle les dévora tous.</p>



<p>Cette fable montre que, si vous trahissez l’amitié, vous pourrez peut-être vous soustraire à la vengeance de vos dupes, si elles sont faibles&nbsp;; mais qu’en tout cas vous n’échapperez pas à la punition du ciel.</p>
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		<title>
  Fable « Les Deux Amis » &#8211; Jean de La Fontaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Aug 2023 15:54:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Extraits littéraires sur l'amitié]]></category>
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					<description><![CDATA[Deux vrais Amis vivaient au Monomotapa* :
L'un ne possédait rien qui n'appartînt à l'autre :
Les amis de ce pays-là
Valent bien, dit-on, ceux du nôtre.
Une nuit que chacun s'occupait au sommeil,
Et mettait à profit l'absence du soleil,
Un de nos deux Amis sort du lit en alarme ;
Il court chez son intime, éveille les valets :
Morphée avait touché le seuil de ce palais.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p>Deux vrais Amis vivaient au Monomotapa* :<br>L&rsquo;un ne possédait rien qui n&rsquo;appartînt à l&rsquo;autre :<br>Les amis de ce pays-là<br>Valent bien, dit-on, ceux du nôtre.<br>Une nuit que chacun s&rsquo;occupait au sommeil,<br>Et mettait à profit l&rsquo;absence du soleil,<br>Un de nos deux Amis sort du lit en alarme ;<br>Il court chez son intime, éveille les valets :<br>Morphée avait touché le seuil de ce palais.<br>L&rsquo;Ami couché s&rsquo;étonne ; il prend sa bourse, il s&rsquo;arme,<br>Vient trouver l&rsquo;autre, et dit : « Il vous arrive peu<br>De courir quand on dort ; vous me paraissiez homme<br>À mieux user du temps destiné pour le somme :<br>N&rsquo;auriez-vous point perdu tout votre argent au jeu ?<br>En voici. S&rsquo;il vous est venu quelque querelle,<br>J&rsquo;ai mon épée ; allons. Vous ennuyez-vous point<br>De coucher toujours seul ? une esclave assez belle<br>Était à mes côtés ; voulez-vous qu&rsquo;on l&rsquo;appelle ?<br>– Non, dit l&rsquo;Ami, ce n&rsquo;est ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre point :<br>Je vous rends grâce de ce zèle.<br>Vous m&rsquo;êtes, en dormant, un peu triste apparu ;<br>J&rsquo;ai craint qu&rsquo;il ne fût vrai ; je suis vite accouru.<br>Ce maudit songe en est la cause. »<br>Qui d&rsquo;eux aimait le mieux ? Que t&rsquo;en semble, lecteur ?<br>Cette difficulté vaut bien qu&rsquo;on la propose.<br>Qu&rsquo;un ami véritable est une douce chose.<br>Il cherche vos besoins au fond de votre cœur ;<br>Il vous épargne la pudeur<br>De les lui découvrir vous-même :<br>Un songe, un rien, tout lui fait peur<br>Quand il s&rsquo;agit de ce qu&rsquo;il aime.</p>



<p>*Monomotapa : royaume d&rsquo;Afrique.</p>
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		<title>
  Illusions perdues &#8211; Balzac</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Aug 2023 15:45:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Extraits littéraires sur l'amitié]]></category>
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					<description><![CDATA[Heureux d'avoir rencontré dans le désert de Paris un cœur où abondaient des sentiments généreux en harmonie avec les siens, le grand homme de province fit ce que font tous les jeunes gens affamés d'affection : il s'attacha comme une maladie chronique à d'Arthez, il alla le chercher pour se rendre à la bibliothèque, il se promena près de lui au Luxembourg par les belles journées, il l'accompagna tous les soirs jusque dans sa pauvre chambre, après avoir dîné près de lui chez Flicoteaux, enfin il se serra contre lui comme un soldat se pressait sur son voisin dans les plaines glacées de la Russie. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<h2 class="wp-block-heading"><a>Balzac, Illusions perdues</a></h2>



<p><em>Le roman : un jeune poète de province (Angoulême) Lucien Chardon (aussi Lucien de Rubempré) « monte » à Paris pour y chercher la gloire littéraire&#8230;</em></p>



<p><em>Dans cet extrait , nous assistons au début d&rsquo;une amitié entre Lucien de Rubempré (le personnage principal du roman) et Daniel d&rsquo;Arthez. Ce dernier va aussi présenter Lucien à son cercle d&rsquo;amis, le Cénacle, Michel Chrestien, Fulgence Ridal, Bianchon&#8230;</em></p>



<p>Heureux d&rsquo;avoir rencontré dans le désert de Paris un cœur où abondaient des sentiments généreux en harmonie avec les siens, le grand homme de province fit ce que font tous les jeunes gens affamés d&rsquo;affection&nbsp;: il s&rsquo;attacha comme une maladie chronique à d&rsquo;Arthez, il alla le chercher pour se rendre à la bibliothèque, il se promena près de lui au Luxembourg par les belles journées, il l&rsquo;accompagna tous les soirs jusque dans sa pauvre chambre, après avoir dîné près de lui chez Flicoteaux, enfin il se serra contre lui comme un soldat se pressait sur son voisin dans les plaines glacées de la Russie. Pendant les premiers jours de sa connaissance avec Daniel, Lucien ne remarqua pas sans chagrin une certaine gêne causée par sa présence dès que les intimes étaient réunis. Les discours de ces êtres supérieurs, dont lui parlait d&rsquo;Arthez avec un enthousiasme concentré, se tenaient dans les bornes d&rsquo;une réserve en désaccord avec les témoignages visibles de leur vive amitié. Lucien sortait alors discrètement en ressentant une sorte de peine causée par l&rsquo;ostracisme dont il était l&rsquo;objet et par la curiosité qu&rsquo;excitaient en lui ces personnages inconnus&nbsp;; car tous s&rsquo;appelaient par leurs noms de baptême. Tous portaient au front, comme d&rsquo;Arthez, le sceau d&rsquo;un génie spécial. Après de secrètes oppositions combattues à son insu par Daniel, Lucien fut enfin jugé digne d&rsquo;entrer dans ce Cénacle de grands esprits. Lucien put dès lors connaître ces personnes unies par les plus vives sympathies, par le sérieux de leur existence intellectuelle, et qui se réunissaient presque tous les soirs chez d&rsquo;Arthez.</p>



<p>(…)&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Ces neuf personnes composaient un Cénacle où l&rsquo;estime et l&rsquo;amitié faisaient régner la paix entre les idées et les doctrines les plus opposées. Daniel d&rsquo;Arthez, gentilhomme picard, tenait pour la monarchie avec une conviction égale à celle qui faisait tenir Michel Chrestien à son fédéralisme européen. Fulgence Ridal se moquait des doctrines philosophiques de Léon Giraud, qui lui-même prédisait à d&rsquo;Arthez la fin du christianisme et de la famille. Michel Chrestien, qui croyait à la religion du Christ, le divin législateur de l&rsquo;Égalité, défendait l&rsquo;immortalité de l&rsquo;âme contre le scalpel de Bianchon, l&rsquo;analyste par excellence. Tous discutaient sans disputer. Ils n&rsquo;avaient point de vanité, étant eux-mêmes leur auditoire. Ils se communiquaient leurs travaux, et se consultaient avec l&rsquo;adorable bonne foi de la jeunesse. S&rsquo;agissait-il d&rsquo;une affaire sérieuse&nbsp;? l&rsquo;opposant quittait son opinion pour entrer dans les idées de son ami, d&rsquo;autant plus apte à l&rsquo;aider, qu&rsquo;il était impartial dans une cause ou dans une œuvre en dehors de ses idées. Presque tous avaient l&rsquo;esprit doux et tolérant, deux qualités qui prouvaient leur supériorité. L&rsquo;Envie, cet horrible trésor de nos espérances trompées, de nos talents avortés, de nos succès manqués, de nos prétentions blessées, leur était inconnue. Tous marchaient d&rsquo;ailleurs dans des voies différentes. Aussi, ceux qui furent admis, comme Lucien, dans leur société, se sentaient-ils à l&rsquo;aise. Le vrai talent est toujours bon enfant et candide, ouvert, point gourmé&nbsp;; chez lui, l&rsquo;épigramme caresse l&rsquo;esprit, et ne vise jamais l&rsquo;amour-propre. Une fois la première émotion que cause le respect dissipée, on éprouvait des douceurs infinies auprès de ces jeunes gens d&rsquo;élite. La familiarité n&rsquo;excluait pas la conscience que chacun avait de sa valeur, chacun sentait une profonde estime pour son voisin&nbsp;; enfin, chacun se sentant de force à être à son tour le bienfaiteur ou l&rsquo;obligé, tout le monde acceptait sans façon. Les conversations pleines de charmes et sans fatigue, embrassaient les sujets les plus variés. Légers à la manière des flèches, les mots allaient à fond tout en allant vite. La grande misère extérieure et la splendeur des richesses intellectuelles produisaient un singulier contraste. Là, personne ne pensait aux réalités de la vie que pour en tirer d&rsquo;amicales plaisanteries. Par une journée où le froid se fit prématurément sentir, cinq des amis de d&rsquo;Arthez arrivèrent ayant eu chacun la même pensée, tous apportaient du bois sous leur manteau, comme dans ces repas champêtres où, chaque invité devant fournir son plat, tout le monde donne un pâté. Tous doués de cette beauté morale qui réagit sur la forme, et qui, non moins que les travaux et les veilles, dore les jeunes visages d&rsquo;une teinte divine, ils offraient ces traits un peu tourmentés que la pureté de la vie et le feu de la pensée régularisent et purifient. Leurs fronts se recommandaient par une ampleur poétique. Leurs yeux vifs et brillants déposaient d&rsquo;une vie sans souillures. Les souffrances de la misère, quand elles se faisaient sentir, étaient si gaiement supportées, épousées avec une telle ardeur par tous, qu&rsquo;elles n&rsquo;altéraient point la sérénité particulière aux visages des jeunes gens encore exempts de fautes graves, qui ne se sont amoindris dans aucune des lâches transactions qu&rsquo;arrachent la misère mal supportée, l&rsquo;envie de parvenir sans aucun choix de moyens, et la facile complaisance avec laquelle les gens de lettres accueillent ou pardonnent les trahisons. Ce qui rend les amitiés indissolubles et double leur charme, est un sentiment qui manque à l&rsquo;amour, la certitude.Ces jeunes gens étaient sûrs d&rsquo;eux-mêmes&nbsp;: l&rsquo;ennemi de l&rsquo;un devenait l&rsquo;ennemi de tous, ils eussent brisé leurs intérêts les plus urgents pour obéir à la sainte solidarité de leurs cœurs. Incapables tous d&rsquo;une lâcheté, ils pouvaient opposer un non formidable à toute accusation, et se défendre les uns les autres avec sécurité. Également nobles par le cœur et d&rsquo;égale force dans les choses de sentiments ils pouvaient tout penser et se tout dire sur le terrain de la science et de l&rsquo;intelligence&nbsp;; de là, l&rsquo;innocence de leur commerce, la gaieté de leur parole. Certains de se comprendre, leur esprit divaguait à l&rsquo;aise&nbsp;; aussi ne faisaient-ils point de façon entre eux, ils se confiaient leurs peines et leurs joies, ils pensaient et souffraient à plein cœur. Les charmantes délicatesses qui font de la fable des DEUX AMIS <sup data-fn="fd5b3485-805b-4285-b47c-145ac1ebf00e" class="fn"><a href="#fd5b3485-805b-4285-b47c-145ac1ebf00e" id="fd5b3485-805b-4285-b47c-145ac1ebf00e-link">1</a></sup>   un trésor pour les grandes âmes étaient habituelles chez eux. Leur sévérité pour admettre dans leur sphère un nouvel habitant se conçoit. Ils avaient trop la conscience de leur grandeur et de leur bonheur pour le troubler en y laissant entrer des éléments nouveaux et inconnus.</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="fd5b3485-805b-4285-b47c-145ac1ebf00e"><strong><a href="https://classiclass.com/fable-les-deux-amis-jean-de-la-fontaine/" data-type="URL" data-id="https://classiclass.com/fable-les-deux-amis-jean-de-la-fontaine/">Pour lire la fable « Deux </a><a href="https://classiclass-blog.com/fable-les-deux-amis-jean-de-la-fontaine/" data-type="URL" data-id="https://classiclass.com/fable-les-deux-amis-jean-de-la-fontaine/">Amis</a><a href="https://classiclass.com/fable-les-deux-amis-jean-de-la-fontaine/" data-type="URL" data-id="https://classiclass.com/fable-les-deux-amis-jean-de-la-fontaine/"> » de Jean de La Fontaine</a></strong> <a href="#fd5b3485-805b-4285-b47c-145ac1ebf00e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
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			</item>
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		<title>
  Jane Eyre &#8211; Charlotte Brontë</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Feb 2023 15:54:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Extraits littéraires sur l'amitié]]></category>
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					<description><![CDATA[Plus je connus les habitants de Moor-House, plus je les aimai. Au bout de peu de temps, je fus assez bien pour rester levée toute la journée et me promener quelquefois ; je pouvais prendre part aux occupations de Diana et de Marie, causer avec elles autant qu’elles le désiraient, et les aider quand elles me le permettaient. Il y avait pour moi dans ce genre de relations une grande jouissance que je goûtais pour la première fois, jouissance provenant d’une parfaite similitude dans les goûts, les sentiments et les principes.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p><strong><em>Pour aller plus loin&nbsp;:</em></strong>&nbsp;</p>



<p><em>Ce roman est l&rsquo;histoire et le parcours de l&rsquo;orpheline Jane Eyre, de sa jeune enfance à l&rsquo;âge adulte; un roman de formation ou roman d&rsquo;apprentissage.</em></p>



<p><em>La narratrice Jane Eyre se remet d&rsquo;une maladie dans la maison familiale des deux sœurs Diana et Marie.</em></p>



<p></p>



<p>Plus je connus les habitants de Moor-House, plus je les aimai. Au bout de peu de temps, je fus assez bien pour rester levée toute la journée et me promener quelquefois ; je pouvais prendre part aux occupations de Diana et de Marie, causer avec elles autant qu’elles le désiraient, et les aider quand elles me le permettaient. Il y avait pour moi dans ce genre de relations une grande jouissance que je goûtais pour la première fois, jouissance provenant d’une parfaite similitude dans les goûts, les sentiments et les principes.<br>J’aimais à lire les mêmes choses qu’elles ; ce dont elles jouissaient m’enchantait ; j’admirais ce qu’elles approuvaient. Elles aimaient leur maison isolée, et moi aussi je trouvais un charme puissant et continuel dans cette petite demeure si triste et si vieille, dans ce toit bas, ces fenêtres grillées, ces murs couverts de mousse, cette avenue de vieux sapins, courbés par la violence du vent des montagnes, ce jardin assombri par les houx et les ifs, et où ne voulaient croître que les fleurs les plus rudes. Elles aimaient les rochers de granit qui entouraient leur demeure, la vallée à laquelle conduisait un petit sentier pierreux partant de la porte de leur jardin. Elles aimaient aussi ce petit sentier tracé d’abord entre des fougères, et, plus loin, au milieu des pâturages les plus arides qui aient jamais bordé un champ de bruyères ; ces pâturages servaient à nourrir un troupeau de brebis grises, suivies de leurs petits agneaux dont la tête retenait toujours quelques brins de mousse. Cette scène excitait chez elles un grand enthousiasme et une profonde admiration. Je comprenais ce sentiment, je l’éprouvais avec la même force et la même sincérité qu’elles. Je voyais tout ce qu’il y avait de fascinant dans ces lieux ; je sentais toute la sainteté de cet isolement. Mes yeux se plaisaient à contempler les collines et les vallées, les teintes sauvages communiquées au sommet et à la base des montagnes par la mousse, la bruyère, le gazon fleuri, la paille brillante et les crevasses des rochers de granit ; ces choses étaient pour moi ce qu’elles étaient pour Diana et Marie : la source d’une jouissance douce et pure. Le vent impétueux et la brise légère, le ciel sombre et les jours radieux, le lever et le coucher du soleil, le clair de lune et les nuits nuageuses, avaient pour moi le même attrait que pour elles, et moi aussi je sentais l’influence de ce charme qui les dominait.<br>À l’intérieur, l’union était aussi grande ; toutes deux étaient plus accomplies et plus instruites que moi, mais je suivis leurs traces avec ardeur ; je dévorai les livres qu’elles me prêtèrent, et c’était une grande jouissance pour moi de discuter avec elles, le soir, ce que j’avais lu pendant le jour ; nos pensées et nos opinions se rencontraient : en un mot, l’accord était parfait.<br>Si l’une de nous trois dominait les autres, c’était certainement Diana ; physiquement, elle<br>m’était de beaucoup supérieure ; elle était belle et avait une nature forte. Il y avait en elle une affluence de vie et une sécurité dans sa conduite qui excitaient toujours mon étonnement et que je ne pouvais comprendre. Je pouvais parler un instant au commencement de la soirée ; mais une fois le premier élan de vivacité épuisé, je me voyais forcée de m’asseoir aux pieds de Diana, de reposer ma tête sur ses genoux et de l’écouter, elle ou sa sœur ; et alors elles sondaient ensemble ce que j’avais à peine osé toucher.<br>Diana m’offrit de m’enseigner l’allemand. J’aimais à apprendre d’elle ; je vis que la tâche de maîtresse lui plaisait, celle d’élève ne me convenait pas moins : il en résulta une grande<br>affection mutuelle. Elles découvrirent que je savais dessiner ; aussitôt leurs crayons et leurs boîtes à couleurs furent à mon service ; ma science, qui, sur ce point, était plus grande que la leur, les surprit et les charma. Marie s’asseyait à côté de moi et me regardait pendant des heures ; ensuite elle prit des leçons : c’était une élève docile, intelligente et assidue. Ainsi occupées et nous amusant mutuellement, les jours passaient comme des heures, et les semaines comme des jours.</p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>
  Le Portrait de Dorian Gray &#8211; Oscar Wilde</title>
		<link>https://classiclass-blog.com/oscar-wilde-le-portrait-de-dorian-gray/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jan 2023 15:23:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Extraits littéraires sur l'amitié]]></category>
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					<description><![CDATA[– Elle parla de moi comme de son meilleur ami. Je l’avais seulement rencontrée une fois auparavant, mais elle s’était mise en tête de me lancer. Je crois que l’un de mes tableaux avait alors un grand succès et qu’on en parlait dans les journaux de deux sous qui sont, comme vous le savez, les étendards d’immortalité du dix-neuvième siècle. Soudain, je me trouvai face à face avec le jeune homme dont la personnalité m’avait si singulièrement intrigué]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p><em>Unique roman de Oscar Wilde&nbsp;: l&rsquo;histoire d&rsquo;un tableau au pouvoir étrange&#8230;</em></p>



<p><em>Dans cet extrait, nous assistons à une discussion entre amis&#8230;</em></p>



<p></p>



<p></p>



<p>– Elle parla de moi comme de son meilleur ami. Je l’avais seulement rencontrée une fois auparavant, mais elle s’était mise en tête de me lancer. Je crois que l’un de mes tableaux avait alors un grand succès et qu’on en parlait dans les journaux de deux sous qui sont, comme vous le savez, les étendards d’immortalité du dix-neuvième siècle. Soudain, je me trouvai face à face avec le jeune homme dont la personnalité m’avait si singulièrement intrigué ; nous nous touchions presque ; de nouveau nos regards se rencontrèrent. Ce fut indépendant de ma volonté, mais je demandai à Lady Brandon de nous présenter l’un à l’autre. Peut-être après tout, n’était-ce pas si téméraire, mais simplement inévitable. Il est certain que nous nous serions parlé sans présentation préalable ; j’en suis sûr pour ma part, et Dorian plus tard me dit la même chose ; il avait senti, lui aussi, que nous étions destinés à nous connaître.</p>



<p>– Et comment lady Brandon vous parla-t-elle de ce merveilleux jeune homme, demanda l’ami. Je sais qu’elle a la marotte de donner un précis rapide de chacun de ses invités. Je me souviens qu’elle me présenta une fois à un apoplectique et truculent gentleman, couvert d’ordres et de rubans et sur lui, me souffla à l’oreille, sur un mode tragique, les plus abasourdissants détails, qui durent être perçus de chaque personne alors dans le salon. Cela me mit en fuite ; j’aime connaître les gens par moi-même… Lady Brandon traite exactement ses invités comme un commissaire-priseur ses marchandises. Elle explique les manies et coutumes de chacun, mais oublie naturellement tout ce qui pourrait vous intéresser au personnage.</p>



<p>– Pauvre lady Brandon ! Vous êtes dur pour elle, observa nonchalamment Hallward.</p>



<p>– Mon cher ami, elle essaya de fonder un salon et elle ne réussit qu’à ouvrir un restaurant. Comment pourrais-je l’admirer ?… Mais, dites-moi, que vous confia-t-elle sur Mr Dorian Gray ?</p>



<p>– Oh ! quelque chose de très vague dans ce genre : «Charmant garçon ! Sa pauvre chère mère et moi, étions inséparables. Tout à fait oublié ce qu’il fait, ou plutôt, je crains… qu’il ne fasse rien ! Ah ! si, il joue du piano… Ne serait-ce pas plutôt du violon, mon cher Mr Gray ? » Nous ne pûmes tous deux nous empêcher de rire et du coup nous devînmes amis.</p>



<p>– L’hilarité n’est pas du tout un mauvais commencement d’amitié, et c’est loin d’en être une mauvaise fin, dit le jeune lord en cueillant une autre marguerite.</p>



<p>Hallward secoua la tête…</p>



<p>– Vous ne pouvez comprendre, Harry, murmura-t-il, quelle sorte d’amitié ou quelle sorte de haine cela peut devenir, dans ce cas particulier. Vous n’aimez personne, ou, si vous le préférez, personne ne vous intéresse.</p>



<p>– Comme vous êtes injuste ! s’écria lord Henry, mettant en arrière son chapeau et regardant au ciel les petits nuages, qui, comme les floches d’écheveau d’une blanche soie luisante, fuyaient dans le bleu profond de turquoise de ce ciel d’été.</p>



<p>« Oui, horriblement injuste !… J’établis une grande différence entre les gens. Je choisis mes amis pour leur bonne mine, mes simples camarades pour leur caractère, et mes ennemis pour leur intelligence ; un homme ne saurait trop attacher d’importance au choix de ses ennemis ; je n’en ai point un seul qui soit un sot ; ce sont tous hommes d’une certaine puissance intellectuelle et, par conséquent, ils m’apprécient. Est-ce très vain de ma part d’agir ainsi ! Je crois que c’est plutôt… vain.</p>



<p>– Je pense que ça l’est aussi Harry. Mais m’en référant à votre manière de sélection, je dois être pour vous un simple camarade</p>



<p>– Mon bon et cher Basil, vous m’êtes mieux qu’un camarade…</p>



<p>– Et moins qu’un ami : Une sorte de… frère, je suppose !</p>



<p>– Un frère !… Je me moque pas mal des frères !… Mon frère aîné ne veut pas mourir, et mes plus jeunes semblent vouloir l’imiter.</p>



<p>– Harry ! protesta Hallward sur un ton chagrin.</p>



<p>– Mon bon, je ne suis pas tout à fait sérieux. Mais je ne puis m’empêcher de détester mes parents ; je suppose que cela vient de ce que chacun de nous ne peut supporter de voir d’autres personnes ayant les mêmes défauts que soi-même.</p>



<p>…</p>



<p></p>
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			</item>
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		<title>
  Frankenstein &#8211; Mary Shelley</title>
		<link>https://classiclass-blog.com/mary-shelley-frankenstein/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Jan 2023 16:59:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Extraits littéraires sur l'amitié]]></category>
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					<description><![CDATA[Mais un de mes souhaits n'a pas encore pu être exaucé et cette lacune est pour moi le plus grand des maux. Je n'ai pas d'ami, Margaret : si je suis entraîné par l'enthousiasme du succès, personne ne pourra participer à ma joie. Si je rencontre quelque revers, qui me redonnera du courage ?]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p></p>



<p><em>Mary Shelley, (son nom de naissance est Mary Wollstonecraft Godwin)</em> <em>à l&rsquo;âge de 17 ans, commence à écrire Frankenstein après s&rsquo;être lancée dans un « défi littéraire » avec les poètes Byron et Shelley (Shelley deviendra l&rsquo;époux de Mary)&nbsp;: qui écrira l&rsquo;histoire la plus effrayante&nbsp;?</em></p>



<p><em>Dans ce passage, un des personnages part sur un bateau, pour une expédition au Pôle Nord et écrit ici une lettre à sa sœur&#8230;</em></p>



<p>Que le temps passe lentement ici, où je suis entouré par la glace et par la neige ! Mais j&rsquo;ai progressé d&rsquo;un pas dans mon entreprise. J&rsquo;ai loué un vaisseau et je suis occupé à réunir des matelots. Ceux que j&rsquo;ai déjà engagés semblent être des hommes sur lesquels je puis compter et qui, à coup sûr, possèdent un courage inébranlable.<br><br>Mais un de mes souhaits n&rsquo;a pas encore pu être exaucé et cette lacune est pour moi le plus grand des maux. Je n&rsquo;ai pas d&rsquo;ami, Margaret : si je suis entraîné par l&rsquo;enthousiasme du succès, personne ne pourra participer à ma joie. Si je rencontre quelque revers, qui me redonnera du courage ?<br><br>Je confierai mes pensées au papier, il est vrai, mais c&rsquo;est un pauvre moyen de communiquer ses sentiments.<br><br>J&rsquo;aimerais avoir la compagnie d&rsquo;un homme qui sympathiserait avec moi et dont le regard répondrait au mien. Vous devez me juger romantique, ma chère sœur, mais j&rsquo;ai réellement besoin d&rsquo;un ami. Je ne connais personne près de moi qui soit affectueux et courageux, qui ait quelque culture, des goûts semblables aux miens, qui aime ce que j&rsquo;aime, qui puisse approuver ou amender mes plans. Comment trouver un ami capable de réparer les fautes de votre pauvre frère ! Je suis trop ardent dans l&rsquo;exécution de mes travaux et trop impatient devant les difficultés. Mais le plus grave, c&rsquo;est que je me suis éduqué moi-même : durant les quatorze premières années de mon existence, je n&rsquo;ai rien fait que de banal et je n&rsquo;ai lu que les livres de voyage de l&rsquo;oncle Thomas. À un âge plus avancé, j&rsquo;ai commencé à découvrir les poètes les plus célèbres de notre pays mais ce n&rsquo;est que lorsque je me suis rendu compte que je ne pouvais plus en tirer profit que j&rsquo;ai compris à quel point il était nécessaire d&rsquo;apprendre la langue des autres pays. À présent, j&rsquo;ai vingt-huit ans et, en réalité, je suis moins cultivé que la plupart des garçons de quinze ans. Il reste que je pense davantage et que mes songeries sont plus vastes et plus magnifiques, quoiqu&rsquo;elles manquent de cohérence (comme le disent les peintres). Oui, j&rsquo;ai grandement besoin d&rsquo;un ami – un ami qui serait assez sensé pour ne pas me prendre pour un romantique et dont la compagnie pourrait quelque peu tempérer mes extravagances.<br><br>Baste, ce sont là des plaintes inutiles ! Ce n&rsquo;est certainement pas dans l&rsquo;océan immense que je trouverai un ami, ni davantage ici à Archangel, parmi les marchands et les marins. Toutefois, des sentiments qu&rsquo;on ne s&rsquo;attend pas à rencontrer chez des êtres rudes animent certains cœurs. Mon lieutenant, par exemple…</p>



<p></p>
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		<title>
  De la tranquillité de l&#8217;âme &#8211; Sénèque</title>
		<link>https://classiclass-blog.com/seneque-de-la-tranquillite-de-lame/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Classiclass]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Jan 2023 14:49:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Extraits littéraires sur l'amitié]]></category>
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					<description><![CDATA[Toutefois, il n'est rien qui puisse donner plus de contentement à l'âme qu'une amitié tendre et fidèle. Quel bonheur de rencontrer des cœurs bien préparés, auxquels
vous puissiez, en toute assurance, confier tous vos secrets, qui soient, à notre égard, plus indulgents que nous-mêmes, qui charment nos ennuis par les agréments de leur conversation, fixent nos irrésolutions par la sagesse de leurs conseils, dont la bonne humeur dissipe notre tristesse, dont la seule vue enfin, nous réjouisse ! ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p></p>



<p><em>Sénèque, philosophe et homme d&rsquo;Etat romain du 1er siècle après Jésus Christ, expose dans ce livre les principes du stoïcisme : réflexion et cas pratiques&#8230; </em></p>



<p><strong>Du choix des amis</strong></p>



<p>[7,1] Toutefois, il n&rsquo;est rien qui puisse donner plus de contentement à l&rsquo;âme qu&rsquo;une amitié tendre et fidèle. Quel bonheur de rencontrer des cœurs bien préparés, auxquels<br>vous puissiez, en toute assurance, confier tous vos secrets, qui soient, à notre égard, plus indulgents que nous-mêmes, qui charment nos ennuis par les agréments de leur conversation, fixent nos irrésolutions par la sagesse de leurs conseils, dont la bonne humeur dissipe notre tristesse, dont la seule vue enfin, nous réjouisse ! Mais il faut, autant que possible, choisir des amis exempts de passions, car le vice se glisse sourdement dans nos cœurs ; il se communique par le rapprochement ; c&rsquo;est un mal contagieux.</p>



<p><br>[7,2] En temps de peste, il faut bien se garder d&rsquo;approcher les individus malades, et qui déjà sont atteints du fléau, parce que nous gagnerions leur mal, et que leur haleine seule pourrait nous infecter ; ainsi, quand nous voudrons faire choix d&rsquo;un ami, nous mettrons tous nos soins à nous adresser à l&rsquo;âme la moins corrompue. C&rsquo;est un commencement de maladie, que de mettre les personnes saines avec les malades ; non que j&rsquo;exige de vous de ne rechercher que le sage, de ne vous attacher qu&rsquo;à lui : hélas! où le trouverez-vous, celui que nous cherchons depuis tant de siècles ? Pour le meilleur, prenons le moins méchant.</p>



<p>[7,3] À peine auriez-vous pu vous flatter de faire un choix plus heureux, si, parmi les Platon, les Xénophon, et toute cette noble élite sortie du giron de Socrate, vous eussiez cherché des hommes de bien ; ou si vous pouviez revenir à ce siècle de Caton, qui produisit sans doute des personnages dignes de naître au temps de Caton, mais aussi autant de scélérats, autant de machinateurs de grands crimes qu&rsquo;on en ait jamais vu. Il fallait en effet, et des uns et des autres ; pour que Caton pût être connu, il devait avoir et des gens de bien pour obtenir leur approbation, et des méchants pour mettre sa vertu à l&rsquo;épreuve. Mais aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;il y a si grande disette de gens de bien, faisons le choix le moins mauvais possible.<br><br></p>



<p>[7,4] Évitons surtout les gens moroses qui se chagrinent de tout, et pour qui tout est un sujet de plainte. Quelque fidèle, quelque dévoué que soit un ami, un compagnon, toujours troublé, toujours gémissant, n&rsquo;en est pas moins le plus grand ennemi de notre tranquillité.</p>



<p></p>
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		<title>
  Bouvard et Pécuchet &#8211; Gustave Flaubert</title>
		<link>https://classiclass-blog.com/gustave-flaubert-bouvard-et-pecuchet/</link>
					<comments>https://classiclass-blog.com/gustave-flaubert-bouvard-et-pecuchet/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[pydroual]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Jan 2023 09:31:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Extraits littéraires sur l'amitié]]></category>
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					<description><![CDATA[
Ainsi leur rencontre avait eu l’importance d’une aventure. Ils s’étaient, tout de suite, accrochés par des fibres secrètes. D’ailleurs, comment expliquer les sympathies ? Pourquoi telle particularité, telle imperfection indifférente ou odieuse dans celui-ci enchante-t-elle dans celui-là ? Ce qu’on appelle le coup de foudre est vrai pour toutes les passions. Avant la fin de la semaine, ils se tutoyèrent.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="bsf_rt_marker"></div>
<p><em>Deux amis partent à la conquête du Savoir, de tous les savoirs&#8230; agriculture, cuisine, chimie, médecine… Roman inachevé, mais dont les notes laissées par Flaubert nous indiquent la fin envisagée. </em></p>



<p><em>Ici,</em> <em>une petite biographie des deux personnages du roman, Pécuchet et Bouvard, et la naissance d&rsquo;une amitié.</em></p>



<p></p>



<p>Il était le fils d’un petit marchand, et n’avait pas connu sa mère, morte très jeune. On l’avait, à quinze ans, retiré de pension pour le mettre chez un huissier. Les gendarmes y survinrent ; et le patron fut envoyé aux galères, histoire farouche qui lui causait encore de l’épouvante. Ensuite, il avait essayé de plusieurs états, maître d’études, élève en pharmacie, comptable sur un des paquebots de la haute Seine. Enfin un chef de division séduit par son écriture, l’avait engagé comme expéditionnaire ; mais la conscience d’une instruction défectueuse, avec les besoins d’esprit qu’elle lui donnait, irritaient son humeur ; et il vivait complètement seul sans parents, sans maîtresse. Sa distraction était, le dimanche, d’inspecter les travaux publics.<br></p>



<p>Les plus vieux souvenirs de Bouvard le reportaient sur les bords de la Loire dans une cour de ferme. Un homme qui était son oncle, l’avait emmené à Paris pour lui apprendre le commerce. À sa majorité, on lui versa quelques mille francs. Alors il avait pris femme et ouvert une boutique de confiseur. Six mois plus tard, son épouse disparaissait, en emportant la caisse. Les amis, la bonne chère, et surtout la paresse avaient promptement achevé sa ruine. Mais il eut l’inspiration d’utiliser sa belle main ; et depuis douze ans, il se tenait dans la même place, MM. Descambos frères, tissus, rue Hautefeuille 92. Quant à son oncle, qui autrefois lui avait expédié comme souvenir le fameux portrait, Bouvard ignorait même sa résidence et n’en attendait plus rien. Quinze cents livres de revenu et ses gages de copiste lui permettaient d’aller, tous les soirs, faire un somme dans un estaminet.<br><br>Ainsi leur rencontre avait eu l’importance d’une aventure. Ils s’étaient, tout de suite, accrochés par des fibres secrètes. D’ailleurs, comment expliquer les sympathies ? Pourquoi telle particularité, telle imperfection indifférente ou odieuse dans celui-ci enchante-t-elle dans celui-là ? Ce qu’on appelle le coup de foudre est vrai pour toutes les passions. Avant la fin de la semaine, ils se tutoyèrent.<br><br>Souvent, ils venaient se chercher à leur comptoir. Dès que l’un paraissait, l’autre fermait son pupitre et ils s’en allaient ensemble dans les rues. Bouvard marchait à grandes enjambées, tandis que Pécuchet multipliant les pas, avec sa redingote qui lui battait les talons semblait glisser sur des roulettes. De même leurs goûts particuliers s’harmonisaient. Bouvard fumait la pipe, aimait le fromage, prenait régulièrement sa demi-tasse. Pécuchet prisait, ne mangeait au dessert que des confitures et trempait un morceau de sucre dans le café. L’un était confiant, étourdi, généreux. L’autre discret, méditatif, économe.</p>



<p>Pour lui être agréable, Bouvard voulut faire faire à Pécuchet la connaissance de Barberou. C’était un ancien commis-voyageur, actuellement boursier, très bon enfant, patriote, ami des dames, et qui affectait le langage faubourien. Pécuchet le trouva déplaisant et il conduisit Bouvard chez Dumouchel. Cet auteur – (car il avait publié une petite mnémotechnie) donnait des leçons de littérature dans un pensionnat de jeunes personnes, avait des opinions orthodoxes et la tenue sérieuse. Il ennuya Bouvard.<br><br>Aucun des deux n’avait caché à l’autre son opinion. Chacun en reconnut la justesse. Leurs habitudes changèrent ; et quittant leur pension bourgeoise, ils finirent par dîner ensemble tous les jours.<br><br>Ils faisaient des réflexions sur les pièces de théâtre dont on parlait, sur le gouvernement, la cherté des vivres, les fraudes du commerce. De temps à autre l’histoire du Collier ou le procès de Fualdès revenait dans leurs discours ; – et puis, ils cherchaient les causes de la Révolution.</p>



<p>Ils flânaient le long des boutiques de bric-à-brac. Ils visitèrent le Conservatoire des Arts et Métiers, Saint-Denis, les Gobelins, les Invalides, et toutes les collections publiques. Quand on demandait leur passeport, ils faisaient mine de l’avoir perdu, se donnant pour deux étrangers, deux Anglais.</p>



<p>…</p>



<p></p>



<p></p>



<p></p>
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